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Burundi

Burundi: le traumatisme des habitants des quartiers contestataires de Bujumbura

Des policiers et soldats patrouillent dans une rue de Bujumbura, le 3 février 2016.
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimama

A quelques jours du premier anniversaire du début de la profonde crise qui frappe le Burundi, sa capitale, théâtre des manifestations contre le 3e mandat du président Pierre Nkurunziza puis des violences qui ont suivi, est devenue l'ombre d'elle-même le soir venu, notamment à cause de la répression qui frappe les quartiers contestataires. Dans leur viseur, les jeunes en première ligne pendant les manifestations, mais les gens ont désormais pris l'habitude rentrer chez eux à la tombée de la nuit et de se calfeutrer dans leur maison.

Beaucoup d'habitants de Bujumbura l'assurent aujourd'hui, la peur rôde au-dessus de leur ville même si les violences sont devenues plutôt rares. Dans plusieurs quartiers jadis en pointe dans les manifestations contre le 3e mandat du président Pierre Nkurunziza, de nombreux habitants ont fui la terrible répression exercée par certaines unités de l'armée et de la police du Burundi pour y mettre fin. Et surtout pour étouffer dans l’œuf la résistance armée qui y avait vu le jour.

Des milliers de personnes arrêtées, des centaines de cas d'exécutions extrajudiciaires et de tortures, des disparitions forcées : les forces de l'ordre burundaises sont accusées par l'ONU et les organisations des droits de l'homme de violations massives de ces droits, malgré les dénégations du gouvernement. Conséquence, les habitants des quartiers contestataires sont traumatisés.

Le centre-ville revit peu à peu

A Cibitoke dans le nord de la capitale, un homme explique que beaucoup de maisons sont aujourd'hui fermées et que des herbes sauvages ont envahi la chaussée de plusieurs avenues de ce quartier. Partout dans ces quartiers, la plupart des bars et des boutiques ont fermé, mais ce que l'on remarque le plus selon de nombreux témoins, c'est l'absence de jeunes gens qui ont tous fui très loin.

Dans le centre-ville, le cœur de la capitale, des témoignages parlent d'une légère amélioration, car certains supermarchés ferment désormais à 21 heures. Mais là encore, bars et restaurants sont clairsemés, contrairement à un quartier qui n'a jamais manifesté comme Kamenge, dans le nord de Bujumbura, où les gens assurent toujours faire la fête.

Mais partout à Bujumbura, la misère s'installe et on lit sur tous les visages, explique un journaliste resté sur place, « la peur pour l'avenir du Burundi ».

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