Mali: Ansar Dine revendique l’enlèvement d’une équipe du CICR dans le Nord

Combattants d'Ansar Dine dans la région de Kidal, en août 2012.
© AFP PHOTO / ROMARIC OLLO HIEN

Au Mali, des nouvelles des collaborateurs de la Croix-Rouge internationale enlevés ce week-end dans le nord du Mali sont parvenues. Le groupe Ansar Dine affirme détenir les otages. Lors d'un appel téléphonique passé ce jeudi au bureau de l'AFP à Bamako, Nourredine ag Mohamed, un responsable du groupe islamiste a exigé la libération d'un homme arrêté il y a quelques jours par la force française Barkhane.

Un responsable du groupe islamiste Ansar Dine revendique l’arrestation des trois travailleurs du Comité international de la Croix-Rouge – CICR – dont on n’a plus de nouvelles depuis le 16 avril. Pour qu’ils recouvrent la liberté, Ansar Dine réclame d’abord la libération d’un élu de la région de Kidal, arrêté la semaine dernière par les forces de l’opération française Barkhane. Lors de son arrestation, Miyatène ag Mayaris servait de guide à l’équipe du CICR.

Le CICR de son côté ne se prononce pas pour le moment sur la revendication de l’arrestation. D’après nos informations, le Comité international de la Croix-Rouge attend des remontées d’informations. Le CICR préfère ne pas communiquer sur l'identité ni sur la nationalité des trois otages retenus, mais confirme travailler, dans les zones les plus reculées du nord du Mali, avec des salariés nationaux ou des expatriés africains. Comme toutes les organisations humanitaires qui interviennent dans ces zones.

En attendant, face à la colère d’habitants de Kidal accusant les forces françaises de l’opération Barkhane de procéder à des arrestations « arbitraires sur place » des élus ont pris l’initiative d’aider à trouver un terrain d’entente, d’une part pour que le calme revienne entre population civile et force étrangères, d’autre part pour obtenir la libération de toutes les personnes détenues.

« Ansar Dine est toujours là »

Depuis des mois, Ansar Dine multiplie les attaques terroristes, dans le Nord et jusque dans le centre du pays. Ce groupe jihadiste malien à dominante touareg, dirigé par Iyad Ag Ghali, avait participé à l'occupation des régions du Nord en 2012, aux côtés d'Aqmi et du Mujao. Depuis, les troupes internationales arrivées dans le pays et les forces maliennes sont devenues ses cibles privilégiées. La semaine dernière, Ansar Dine avait revendiqué la mort de trois soldats français dans la région de Kidal.

« Le groupe Ansar Dine est monté en puissance. Ansar Dine est toujours là. Ils évoluent, ils ont des moyens. Ils ont un pouvoir de nuisance, à tout moment. Ils ont des moyens logistiques et des moyens humains pour nuire. Donc on peut dire qu’ils sont toujours en puissance », explique le colonel-major Zoumana Diawara, chef d'état-major de la Garde nationale du Mali.