RDC: l'ONU critique la dispersion d'une manifestation à Lubumbashi

Moïse Katumbi, à son arrivée au stade de Lubumbashi pour assister à un match du Tout Puissant Mazembe.
© REUTERS/Kenny Katombe/Files

En RDC, le bureau conjoint de l'ONU aux droits de l'homme parle d'usage abusif de la force, après des faits survenus dimanche 24 avril 2016 à Lubumbashi. Des militants de l'opposition s'étaient rassemblés pour écouter l'ancien gouverneur Moïse Katumbi. Intervention des forces de l'ordre, usage de gaz lacrymogènes, les participants ont été dispersés.

Dimanche en République démocratique du Congo, il s'agissait d'une journée de manifestations un peu partout dans le pays, pour commémorer l'ouverture démocratique initiée par Mobutu il y a 26 ans, avec son discours du 24 avril 1990 annonçant la fin du Parti unique.

Gaz lacrymo

Des meetings étaient organisés à la fois dans les rangs de l'opposition et de la majorité. Ainsi, à Kinshasa, c'est sans troubles qu'a eu lieu une manifestation organisée par l’opposition, malgré son interdiction. Cela s'est passé près du stade des Martyrs. Les opposants en ont profité pour exiger la tenue dans les délais de l'élection présidentielle.

Au même moment, dans la capitale aussi, avait lieu un meeting du principal parti de la coalition au pouvoir, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), officiellement pour célébrer le 16e anniversaire du discours de Mobutu, mais qui a été l'occasion pour le mouvement de soutenir le président Kabila.

A Goma et à Bukavu, c'est sans heurts aussi qu'ont eu lieu deux autres rendez-vous de l'opposition. En revanche, à Lubumbashi, un rassemblement autour du principal rival politique de Joseph Kabila, Moïse Katumbi, a été dispersé par les forces de l’ordre à coups de gaz lacrymogènes. Des récits font même état de tirs à balle réelle.

Des arrestations

Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme est inquiet, d'autant qu'une vague d'arrestations a touché plusieurs membres ou des proches de l'opposition. 

Quatre proches de Moïse Katumbi, dont un ressortissant américain, ont été arrêtés et transférés à Kinshasa. 

L'Unafec de Gabriel Kyungu dit déplorer huit arrestations dans ses rangs.

D'après le parti d'opposition Union pour la nation congolaise (UNC), cinq de ses membres ayant pris part à la manifestation ont été arrêtés le jour même. Parmi eux, un responsable national, Dieudonné Mbayo.

Deux fils de Pierre Lumbi, ancien collaborateur de Kabila passé à l'opposition, ont aussi été arrêtés dans un hôtel de Lubumbashi géré par leur père. La police dit y avoir trouvé des armes. Pour sa part, Patrice Lumbi crie au montage. Ce lundi, nous avons appris que le plus jeune des fils avait été libéré. Mais le plus âgé ainsi que deux employés sont toujours détenus.

Ces arrestations viennent s'ajouter à celle, vendredi, de Huit Mulongo Bampeta, un ancien directeur de cabinet de Moïse Katumbi.

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