Burundi: le dialogue va reprendre, mais les blocages demeurent

Photo d'archive montrant l'ancien président tanzanien Benjamin Mkapa, aujourd'hui facilitateur dans la crise au Burundi, le 9 décembre 2005, lors de la cérémonie du 44e anniversaire de l'indépendance de la Tanzanie.
© MWANZO MILLINGA / AFP

Le facilitateur dans la crise burundaise, l'ancien président tanzanien Benjamin Mkapa, s'apprête à relancer le dialogue pour tenter de mettre fin à la crise qui secoue le pays depuis maintenant un an. Il vient d’annoncer qu’une rencontre aura lieu du 2 au 6 mai à Arusha, un lieu symbolique où ont été signés en 2000 les accords qui ont mis fin à une décennie de guerre civile. Si les chancelleries occidentales attendent beaucoup de ce dialogue, rien n’indique pour l’instant qu’il donnera lieu à des résultats concrets.

Depuis décembre dernier, le dialogue est totalement bloqué puisque le pouvoir refuse toujours de s’asseoir à la même table que l’opposition en exil, regroupée au sein du Cnared (Conseil national pour le respect de l'accord d'Arusha et de l'état de droit au Burundi).

Le facilitateur, Benjamin Mkapa, comme l’Union européenne qui participe au financement du dialogue, espère que « toutes les parties prenantes » seront présentes à cette session. Mais ce n’est pas gagné puisque le principal point d’achoppement reste l’organisation : qui sera invité et de quoi va-t-on discuter ?

Le Cnared veut « que toutes les questions soient sur la table », y compris celle du troisième mandat entamé par le président Pierre Nkurunziza, et ses conséquences.

Pour les autorités, il n’en est bien sûr pas question. Dans un tweet, le conseiller en communication du président burundais dit attendre des « consultations » selon la résolution 2279. Une décision du Conseil de sécurité qui stipule que « toutes les parties prenantes attachées à une solution pacifique » participent au dialogue. Le gouvernement considère que le Cnared n’est pas un acteur pacifique et donc qu’il n’a pas à discuter avec lui. Tout reste donc à faire dans ce dialogue ou plutôt cette « session inaugurale » comme la nomme le facilitateur.

Le pouvoir burundais a reçu une invitation officielle mardi soir, les opposants du Cnared attendent toujours la leur.


Le Cnared change de tête

Le Cnared, la coalition en exil qui rassemble les principaux mouvements d'opposition du Burundi a changé de président.

Le nouveau président n'est pas un inconnu : Jean Minani prend la tête du Cnared. Figure de la vie politique au Burundi, ancien président de l'Assemblée nationale, dans les années 2000, il avait participé au nom de son parti, le Frodebu, aux négociations d'Arusha qui avaient mis fin à la guerre civile. Jean Minani était aussi candidat à la présidentielle l'année dernière, cette élection contestée qui a plongé le pays dans la crise.

Il prend donc la tête du Cnared. Officiellement, ce changement est normal, les mandats de la direction arrivent à échéance à la fin de la semaine. Il fallait donc désigner une nouvelle équipe. Mais on peut peut-être y voir aussi une volonté du Cnared de mettre en avant une autre personnalité.

Jean Minani succède à Léonard Nyangoma, qui appelait ces derniers temps à la fermeté. Il disait aussi comprendre ceux qui prennent les armes contre le pouvoir, tout en précisant croire encore au dialogue.

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