Soudan du Sud: l'ONU appelle à la formation rapide d'un gouvernement d'union

Riek Machar lors d'une conférence de presse à son arrivée à l'aéroport de Juba, le 26 avril 2016.
© REUTERS/Jok Solomun

L'ONU a salué le retour de Riek Machar au Soudan du Sud. Le secrétaire général Ban Ki-moon et le Conseil de sécurité ont tous deux appelé le pays à aller de l'avant et à former un gouvernement d'union nationale le plus rapidement possible, estimant qu'il s'agissait d'une étape cruciale vers la paix.

Avec notre correspondante à New York,  Marie Bourreau

« C'est la meilleure nouvelle venue du Soudan du Sud depuis bien longtemps », s'est réjouie la représentante des Etats-Unis à l'ONU, Samantha Power. Mais c'est surtout, ont souligné les quinze membres du Conseil de sécurité, une nouvelle étape dans l'application de l'accord de paix laborieusement signé le 26 août 2015 et une occasion majeure d'instaurer un processus de paix après deux ans d'une guerre civile qui a dévasté une grande partie du pays.

L'investiture du vice-président Riek Machar doit maintenant être suivie d'effet, a prévenu l'ONU. Le secrétaire général Ban Ki-moon a demandé à ce qu'un gouvernement d'union nationale soit constitué le plus rapidement possible. C'est ce que lui a promis le représentant adjoint du Soudan du Sud aux Nations-Unies. « Le gouvernement a la ferme volonté d'appliquer les accords de paix et un gouvernement d'union nationale pourrait être constitué d'ici un à deux jours », lui a-t-il répondu.

Officiellement, l'ONU se réjouit donc de ce retour synonyme d'avancée dans le processus de paix, mais l'organisation jugera la réelle volonté du gouvernement sur le terrain et notamment dans l'accès offert à la mission des Nations unies sur place aux populations en situation de détresse humanitaire.

Pour Geneviève Garrigos, présidente de l'antenne française d'Amnesty International interrogée par RFI, ce retour est un pas important, même s'il reste beaucoup à faire. « Il faut voir comment vont être mises en oeuvre les autres phases du plan, notamment la mise en oeuvre de la commission "vérité, réconciliation et guérison" qui doit s'attaquer aux crimes absolument odieux qui ont été perpétrés par toutes les parties pendant les deux ans du conflit. Il y a eu des dizaines de milliers de morts, il y a encore aujourd'hui plus de deux millions de réfugiés et de déplacés. La violence était telle qu'il est indispensable que les responsables de ces crimes soient traduits devant la justice, sinon on va rentrer dans un cercle de l'impunité et de la vengeance qui risque d'être catastrophique. »