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Libye Pétrole

Libye: du pétrole exporté illégalement rendu au gouvernement d'union national

Le port de Tobrouk, d'où est parti le Distya Ameya avec une cargaison de pétrole.
© Photo/Wikipédia

Selon la Compagnie nationale pétrolière de Libye, une cargaison de pétrole libyen exportée illégalement par les autorités non reconnues de ce pays a été rapatriée et placée sous le contrôle du gouvernement d'union national, installé à Tripoli.

« Grâce à l'intervention de la communauté internationale, le Distya Ameya, un navire battant pavillon indien qui a tenté de transporter illégalement du pétrole libyen, a restitué sa cargaison à la Libye », a expliqué dans un communiqué le directeur de la Compagnie nationale pétrolière (NOC) à Tripoli, Moustafa Sanallah.

Le pétrole provenait de l’est de la Libye, région sous contrôle du Parlement de Tobrouk, qui n’est pas reconnu par les Nations unies. Jeudi, l'ONU avait placé ce pétrolier indien sur une liste noire en estimant qu'il transportait du brut libyen « illégalement » pour l'autorité parallèle libyenne basée dans l'est du pays et non reconnue par les Nations unies.

Un diplomate interrogé par l'AFP avait estimé que la destination finale du pétrolier était peut-être les Emirats Arabes Unis. Il avait également souligné que cette livraison violait un embargo sur les ventes de pétrole libyen par des entités autres que le nouveau gouvernement libyen d'unité nationale, basé à Tripoli.

Parti lundi de l'est de la Libye, le Distya Ameya se trouvait mardi au nord d'Al-Bayda dans l’est, avant de faire route vers l'île de Malte, qui lui a refusé l'accès à ses côtes, puis de revenir vers les zones libyennes contrôlées par le gouvernement d'union pour rendre sa cargaison.

La Compagnie nationale pétrolière a fait allégeance au nouveau gouvernement d'union installé à Tripoli depuis le 30 mars, un soutien de poids dans un pays qui compte les plus grandes réserves pétrolières d'Afrique.

Marché noir et contrebande

Mais même si les livraisons de pétrole sont interceptées en mer, la contrebande se poursuivra par d’autres voies, selon Hafed al-Ghwell, analyste d’Oxford Analytica et spécialiste de la Libye.

« Le marché noir, qui se fait par voie terrestre via des réseaux tribaux depuis des siècles, se poursuit. Les contrebandiers évitent ainsi les circuits financiers internationaux et les voies de navigation normales. La production libyenne, qui est très faible en réalité – on est à moins de 400 000 barils par jour -, ne sera pas exportée à grand échelle du jour au lendemain », explique le chercheur.

« Pour l’instant, la production pétrolière est encore surtout destinée au marché intérieur. Seule une petite partie est exportée, nuance-t-il. Il ne faut pas perdre de vue, non plus, que le Parlement de Tobrouk ne contrôle pas tous les champs pétroliers de l'est de la Libye. Des milices, notamment celle d’Ibrahim al-Jadran, contrôlent de nombreux puits et terminaux pétroliers, y compris dans les environs de Tobrouk et de Benghazi. »

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