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Burundi

Décès de l'ancien président Bagaza: deuil national au Burundi

L'ancien président burundais Jean-Baptiste Bagaza, à Arusha, le 23 janvier 1999.
© ALEXANDER JOE / AFP

Décédé mercredi 4 mai, Jean-Baptiste Bagaza avait été président du Burundi de 1976 à 1987, avant d'être renversé par un coup d'Etat militaire. Son mandat est considéré comme une l'une des rares périodes d'accalmie que connut le Burundi. Le gouvernement burundais a instauré un deuil national de trois jours et les réactions se multiplient de toute part pour saluer cette figure incontournable de la politique burundaise.

Trois jours de deuil national ont été décrétés au Burundi, suite au décès de l'ancien président Jean-Baptiste Bagaza. Le gouvernement burundais rend ainsi hommage à « un travailleur infatigable qui durant sa présidence a développé des infrastructures économiques et sociales » et « dont le peuple burundais se souviendra toujours », selon les termes du communiqué.

Dans un tweet, le président Pierre Nkurunziza a fait part de sa « très grande tristesse ».

Jacques Bigirimana, président de la branche du FNL proche des autorités, garde avant tout le souvenir d'un homme qui a modernisé le pays. « Nous n’oublierons jamais ce que Bagaza a fait pour rendre notre pays vivable et viable. Je ne vois pas vraiment par où commencer ? Il a construit des routes macadamisées, il a viabilisé la ville de Bujumbura, il a amené les populations de différentes ethnies à vivre ensemble, il y avait une société qui s’appelait ONR qui construisait des maisons en location et en vente. Vous avez vu le quartier VI Ngagara ? Ça c’est Bagaza. Vous avez vu Kinindo ? Ça c’est Bagaza. »

Mais pour Jacques Bigirimana, les travaux de Jean-Baptiste Bagaza durant sa présidence s'étendent aussi à l'emploi et la santé. « Vraiment il a développé le pays. Et puis Bagaza a donné la santé. La mutuelle de la fonction publique est venue sous Bagaza. Il a amené les SRDI, les sociétés régionales de développement, qui ont développé les régions naturelles. Ils ont donné beaucoup d’emplois, ils ont encadré la population dans l’agriculture et l’élevage. »

Et même parmi ses opposants historiques, l'heure est à l'hommage. Le major Pierre Buyoya qui l'a renversé en 1987, tient à saluer la mémoire de l'ancien président malgré leurs différends. « Le président Bagaza n’était pas mon ami politique mais (…) c’est une perte pour sa famille et pour le Burundi. Il a géré le Burundi à l’époque où la situation politique était calme, donc il a pu donner une contribution au niveau du développement du Burundi. Je pense que sur le plan politique, il y a des situations qui ont fait qu’il a dû partir, notamment la crise qui est née entre l’Eglise et l’Etat. Vous savez, après 10 ans au pouvoir, son régime a montré des signes de faiblesse, en ce qui concerne l’autoritarisme. Mais encore une fois, je pense que le jour où il est décédé, ce n’est pas le moment de faire son procès. »

Le Cnared, une plateforme qui regroupe la quai-totalité de l'opposition à Pierre Nkurunziza, et dont Jean-Baptiste Bagaza était membre, a assuré qu'il venait de perdre « un pilier de sa lutte pour un Burundi meilleur ».

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