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RDC

RDC: Moïse Katumbi officialise sa candidature à la présidentielle

Moïse Katumbi à Lubumbashi, le 2 juin 2015.
© FEDERICO SCOPPA / AFP

C'est à travers un communiqué publié sur son compte Twitter que Moïse Katumbi a officialisé ce mercredi 4 mai sa candidature à la présidentielle. L'ex-gouverneur de l'ancienne province du Katanga (sud-est), est passé dans l'opposition en septembre après avoir démissionné de ses fonctions de gouverneur et quitté le parti présidentiel. Dans une interview à RFI, il explique les raisons de sa candidature. 

A plusieurs reprises, Moïse Katumbi a plaidé en faveur d'un candidat unique de l'opposition congolaise. Finalement, et sans qu'aucun accord n'ait été trouvé pour le moment, il officialise sa candidature. Il faut dire que ces dernières semaines les sollicitations se multipliaient.

Ces dernières semaines, trois mouvements de l'opposition congolaise (le G7, le Collectif des Nationalistes et l'Alternance pour la République 2016) l'avaient exhorté à présenter sa candidature, quand bien même l'incertitude règne sur la tenue effective de l'élection avant la fin de l'année comme le prévoit la Constitution.

« Je me devais de donner une réponse », assure l'ex-gouverneur de la province du Katanga, tout en promettant de poursuivre les consultations notamment avec Vital Kamerhe patron de l'UNC et avec le fondateur de l'UDPS Etienne Tshisekedi.

L'ancien gouverneur du Katanga, qui a quitté la majorité présidentielle avec fracas, promet d'entamer sous peu une tournée dans le pays pour présenter son programme, et de poursuivre les consultations en vue d'une candidature commune au sein de l'opposition.

J'ai décidé de me porter candidat aux présidentielles parce que j'ai été sollicité par plusieurs forces vives...
Moïse Katumbi explique les raisons de sa candidature à la présidentielle de 2016
04-05-2016 - Par Florence Morice

A 51 ans, Moïse Katumbi, richissime homme d'affaires, jouit d'une certaine popularité notamment en tant que président du Tout puissant Mazembe, l’un des clubs de foot favoris des Congolais. Son départ de la majorité présidentielle en septembre dernier avait d'ailleurs fait grand bruit.

Et depuis Moise Katumbi se dit victime d'un « harcèlement policier et judiciaire » de la part des autorités. Mercredi le ministre de la Justice l'a publiquement accusé de recruter à son service des « mercenaires » étrangers et ordonné l'ouverture d'une enquête. « Mensonges grotesques » répond l'intéressée qui promet s'il est élu de « rétablir » « l'Etat de droit » dans un esprit « de concorde nationale ».

Est-ce pour détourner l'attention de cette polémique naissante que Moïse Katumbi a choisi la date de l'annonce de sa candidature ? Rien à voir, promet-il. « J'ai choisi de le faire à la veille de l'ascension parce que je suis chrétien catholique ».

L'annonce de la candidature de Moïse Katumbi a été faite via son compte Twitter. « Les basses manoeuvres du pouvoir n'entravent pas mon combat pacifique. Je serai le candidat de l'État de droit », écrit Moïse Katumbi dans le tweet qui accompagne le communiqué de sa candidature.


L'opposition réagit à l'annonce

Le G7, groupe de sept partis ayant appartenu à la majorité présidentielle et aujourd'hui dans l'opposition, a été la première coalition de partis d'opposition congolais à avoir demandé à l'ancien gouverneur du Katanga d'être son candidat. Pour Charles Mwando Simba, président en exercice du G7, cette candidature intervient au bon moment.

« Nous accueillons ça avec satisfaction, dans la mesure où c’est le G7 qui a proposé qu’il se présente comme candidat à l’élection présidentielle. Il sait qu’il a une opinion favorable. Du moins au niveau de l’opposition, il y a une bonne partie qui le soutient. Donc il ne pouvait pas non plus attendre davantage, il fallait bien qu’il se prononce, au risque de décourager toutes les attentes », précise le président du G7.

Mais sur la question de savoir si Moïse Katumbi sera le candidat unique de l'opposition, Charles Mwando Simba tempère. « Nous n’en sommes pas, au stade actuel, à dire qui sera le candidat actuel. Au stade actuel, c’est même mieux que d’autres se prononcent de manière à ce que, à temps, on puisse entamer des concertations afin de pouvoir désigner un candidat unique. »

Des concertations qui se dérouleront peut-être avec l'opposition historique à Joseph Kabila, l'UDPS. Mais pour le secrétaire national aux relations extérieures du parti, Felix Tshisekedi, un rassemblement autour d'une candidature unique de Katumbi n'est clairement pas à l'ordre du jour.

« En tant que parti politique UDPS je ne vois pas pourquoi on se rangerait, pourquoi un grand parti politique comme l’UDPS n’alignerait pas un candidat à quelque niveau que ce soit. A sa place, je me concentrerais plutôt sur ce processus électoral qui est en danger », avance Felix Tshisekedi.

Car, selon lui, la priorité est avant tout au dialogue politique et à la mise en place du processus électoral. « Nous ne sommes pas sûrs d’avoir des élections mais bon, il a choisi de présenter sa candidature, libre à lui. Nous nous nous réservons encore, parce que nous pensons qu’il faut se concentrer sur le processus électoral. Ce n’est que lorsque nous serons sûrs de l’aboutissement heureux de celui-ci que nous allons commencer à programmer tout doucement la candidature de notre préféré. Se dire candidat est une chose mais pour quelles élections ? »

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