Amnesty International prime la Lucha alors que ses militants sont en prison

Fred Bauma, du mouvement Lucha, est une des deux militants de la société civile toujours en détention en RDC.
© AFP PHOTO/FEDERICO SCOPPA

Amnesty International a décerné mardi 3 mai son prix « Ambassadeur de la conscience » 2016 à la chanteuse Angélique Kidjo. Pour la première fois, l’ONG a également récompensé trois mouvements citoyens africains : Y’en a marre au Sénégal, le Balai citoyen au Burkina Faso, et la Lutte pour le changement (Lucha) en République démocratique du Congo (RDC).

Le prix « Ambassadeur de la conscience » d’Amnesty International « récompense des personnes ou des groupes qui ont fait preuve d'un courage exceptionnel pour combattre l'injustice, mis leur talent au service de la mobilisation et fait progresser la cause des droits humains », peut-on lire sur le site de l’ONG.

Une mission qu’a remplie Angélique Kidjo et les membres de Y’en a marre, du Balai citoyen et de Lucha, « tous d’ardents défenseurs des droits humains, qui mettent leur talent au service de la mobilisation », justifie Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International.

« Les membres de Lucha et l’organisation elle-même sont des militants pacifiques qui luttent pour favoriser la participation à un processus démocratique, qui défendent des valeurs complètement louables », commente Samira Daoud au micro de RFI.

« Des prisonniers d’opinion »

Mais la responsable d’Amnesty International à Dakar regrette que des militants de ce mouvement congolais soient encore emprisonnés : « Pour nous en tout cas, les membres de Lucha qui sont en prison aujourd’hui sont considérés comme des prisonniers d’opinion parce qu’ils sont détenus simplement pour avoir exercé de manière totalement pacifique leurs droits à la liberté d’expression et à la liberté d’association. »

En effet, Fred Bauma, membre de Lucha, a été arrêté aux côtés de 26 autres militants en mars 2015 dans le quartier de Masina (Kinshasa), lors d’une conférence de presse.

« Nous avons eu des grandes figures politiques, militantes, dans les années postindépendances et aujourd’hui, force est de constater que la jeunesse, les mouvements de jeunes jouent un rôle important dans la mobilisation citoyenne et dans la promotion des droits humains », conclut la militante sur RFI.
 

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