L'hymne national du Togo obsolète?

Parade militaire à Lomé le 2 mai 1960, quelques jours après l'annonce de l'indépendance du Togo le 27 avril 1960.
© AFP

L'archevêque émérite de Lomé propose de changer quelques phrases de l'hymne national, « La terre de nos aïeux ». Mgr Philippe Kpodzro propose de changer une phrase de l'hymne du Togo, au lieu de « vainquons ou mourrons mais dans la dignité », dire « vainquons et vivons dans la dignité » car, indique-t-il, cette portion de phrase n'est plus d'actualité. Elle date de l'époque de la lutte pour les indépendances. On en est encore à l'étape des propositions, mais les avis sont déjà partagés.

C'est une petite phrase, « vainquons ou mourrons, mais dans la dignité » que Mgr Philippe Kpodzro propose de changer. L'archevêque émérite de Lomé qui a présidé la conférence nationale souveraine du Togo en 1990, est connu pour ses positions tranchées dans le « marigot » politique togolais.

Cette fois, c'est une phrase de l'hymne national qu'il propose de changer. « Les Togolais ne doivent plus verser de sang », ajoute le prélat. Il propose donc de supprimer le verbe mourrir et de préférer la formule : « Vainquons et vivons », car dit-il, «la première a été écrite au moment où on luttait contre le colonisateur et beaucoup de Togolais ont versé de leur sang pour cette lutte ».

La modification des paroles de l'hymne national divise

Les chrétiens présents à la messe de ses 40 ans d'épiscopat où il a fait la proposition l'ont ovationné, mais dans l'opinion togolaise à Lomé, les avis ne sont les mêmes. Certains accueillent la proposition, comme c'est le cas des fils de l'ablodé [indépendance en mina, NDLR], ceux qui se réclament héritiers de la lutte pour l'indépendance : « La proposition de monseigneur Kpodzro est impérative. Ça peut changer beaucoup de choses parce que nous ne sommes pas faits, nous les Togolais, pour mourir à tout moment. Nous avions perdu nos grands-parents pendant la lutte pour l’indépendance. Nous avons perdu les gens depuis 90 jusqu’à aujourd’hui. Evidemment il est temps que les Togolais vivent ».

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Pour d'autres, c'est une partie du patrimoine historique national, il y a plus important que des phrases à changer : « Nous ne devons pas oublier ce que nos aïeux nous ont laissé. Ils ont beaucoup lutté pour cette indépendance. Le patrimoine togolais nous est trop cher. Nous devons encore lutter pour avoir d’autres indépendances, à savoir l’indépendance économique, et pourquoi pas l’alternance ? ».Et cet avis lancé par le prélat n'est pas tout à fait fortuit, cet avis tombe quelques jours après une prise de position commune des évêques de la conférence épiscopale du Togo, appelant les Togolais à « oser aller de l'avant ».

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