Réélection d'Idriss Déby au Tchad: l'opposition entend rester mobilisée

Le président tchadien Idriss Déby et son épouse lors d'un meeting électoral début avril, à Ndjamena (photo d'illustration).
© ISSOUF SANOGO / AFP

Mardi soir, le 4 mai, le Conseil constitutionnel a proclamé les résultats officiels de la présidentielle octroyant une victoire dès le premier tour au sortant Idriss Déby avec un peu moins de 60% des voix. Les candidats de l'opposition estiment pour leur part que ces chiffres sont faux, et que selon leurs propres calculs, personne n'était en mesure de remporter l'élection dès le premier tour. L'opposition n'a pas l'intention d'en rester là et appelle notamment à une journée ville morte ce jeudi.

Officiellement crédité de 12% des suffrages, Saleh Kebzabo n'en démord pas. L'ex-candidat UNDR affirme avoir les chiffres qui prouvent qu'il aurait dû arriver en tête du premier tour avec 33% des voix, que selon ses chiffres, Idriss Déby serait quatrième et qu'en tout état de cause personne n'était en mesure de gagner dès le premier tour.

Malgré les résultats officiels donnant donc Idriss Déby réélu, l'opposition reste mobilisée assure Saleh Kebzabo. Selon lui cet appel à une journée ville morte ce jeudi 5 mai en témoigne.

« Nous disons que l’opposition que Déby va affronter bientôt, est une opposition résolue à lui faire face de façon dynamique. Et c’est pour cela que nous avons lancé ce mot d’ordre, qui est le premier d’une série d’actions que nous allons mener dans les jours et les semaines qui viennent », souligne Saleh Kebzabo.

Depuis l'annonce des résultats provisoire par la Céni il y a 2 semaines, 6 candidats de l'opposition restent sur la même longueur d'ondes pour dénoncer ce qu'ils appellent un « hold-up électoral ». Parmi eux : Mahamat Ahmat Alhabo.

« On a dit que cela n’était pas possible et on avait déjà avisé pour dire que nous ne reconnaîtrons aucune institution qui serait issue de ce hold-up électoral. Notre position reste la même, elle n’a pas changé », insiste-t-il.

Du côté du gouvernement, on qualifie le processus électoral qui vient de s'achever d'« exemplaire », et l'attitude de ces candidats malheureux de « prise de position de mauvais perdants ».

Le porte-parole du gouvernement, Moustapha Ali Alifei, en est convaincu : l’opération ville morte lancée par l’opposition ne sera pas suivie. « Je suis sûr que les Tchadiens, les fonctionnaires tchadiens, les travailleurs du secteur public et privé n’observeront pas ce mot d’ordre qui constitue un combat d’arrière-garde pour les candidats malheureux de cette élection exemplaire. »

Il appelle « la population à vaquer normalement à ses occupations ».