Le Kenya annonce une nouvelle fois son intention de fermer ses camps de réfugiés

Vue du secteur est du camp de réfugiés somaliens de Dadaab, au nord de Nairobi, la capitale kényane, le 28 avril 2015.
© AFP PHOTO/Tony KARUMBA

Le ministère de l'Intérieur kényan a annoncé vendredi 6 mai que pour des raisons de sécurité nationale, le pays voulait fermer rapidement ses camps de réfugiés, dont celui de Dadaab, à la frontière somalienne, l'un des plus grands au monde. Le gouvernement affirme aussi qu'il ne veut plus accueillir sur son sol de nouveaux réfugiés, en particulier somaliens. Des déclarations qui en rappellent d'autres.

Il y a un an, en avril 2015, quelques jours après l'attaque contre l'université de Garissa, le vice-président kényan demande au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés de rapatrier dans leur pays tous les réfugiés somaliens. Et ce, dans un délai de trois mois. La mesure fait polémique.

Finalement, le gouvernement revient sur cette décision : quelques semaines plus tard, il précise que le rapatriement des réfugiés se fera mais uniquement de manière volontaire.

Une stratégie ?

Aujourd'hui, rien ne dit donc que Nairobi ne fera pas marche arrière. Certes, le gouvernement a indiqué avoir dissous l'institution en charge des réfugiés. Mais dans les faits, la mesure n'est pas encore appliquée. Selon un employé cité par nos confrères de l'AFP, le personnel de l'institution n'est même pas au courant pour le moment.

Victor Nyamori, en charge des réfugiés à Nairobi pour Amnesty International, espère en tout cas que le Kenya n'ira pas au bout de sa démarche. Il se demande si cette annonce ne relève pas plutôt d'une stratégie pour obtenir des fonds supplémentaires de la communauté internationale.

« Il y a deux principaux camps de réfugiés dans le pays et à peu près 490 000 personnes qui vivent dans celui de Dadaab actuellement. Alors imaginez, renvoyer 490 000 personnes dans leur pays d'origine, c'est énorme, rappelle-t-il. D'autant plus qu'il n'y a pas que des Somaliens dans ces camps. Il y a aussi des Soudanais, des Ethiopiens, des Erythréens, et puis des Congolais. Donc le gouvernement ne pourra pas renvoyer tous ces réfugiés chez eux. Ce n'est pas possible. Par contre, ce que nous craignons, nous, c'est que certains des membres des forces de sécurité kényanes par exemple, profitent de la situation et de leur vulnérabilité. Et les réfugiés risquent d'être harcelés ou injustement arrêtés par la police. »