Procès du génocide rwandais à Paris: portrait du bourgmestre Tito Barahira

Des photographies des victimes au Memorial du génocide à Kigali.
© REUTERS/Noor Khamis

Deuxième jour d'audience aux Assises de Paris pour deux bourgmestres rwandais, Octavien Ngenzi et Tito Barahira. Ils sont accusés d'avoir participé directement au massacre de Tutsis à Kabarondo pendant le génocide de 1994. Les deux hommes nient les faits. Ce matin, c'est la personnalité de Tito Barahira qui a été passée au crible. Le procès devrait durer huit semaines.

avec notre envoyé spécial aux assises de Paris

Cheveux grisonnants, visage barré d’une large moustache, Tito Barahira, 65 ans, préfère s’adresser à la Cour en kinyarwanda. Mon français n’est pas assez bon, précise-t-il.

Issu d’une famille d’agriculteurs prospères de Kabarando, il a eu des parents aimants qui lui ont permis de faire des études. Il devient instituteur, et grâce aux relations familiales, intègre le ministère de la Jeunesse. En 1976 il est nommé bourgmestre de Kabarondo.

Au Rwanda les maires ne sont pas élus. Sous les ordres du préfet, ils constituent donc le premier échelon de l’administration locale. Cette nomination fut une surprise, explique Barahira. Il restera à ce poste dix ans. Nous avons pu construire des écoles, un dispensaire, une banque populaire, installer l’électricité, détaille-t-il, un parcours sans tache.

« On est face à quelqu’un qui est avant tout un citoyen de Kabarondo et de ses environs, qui, lorsqu’il a été bourgmestre il a toujours essayé de faire du mieux qu’il a pu, il a dénoué un certain nombre de situations, explique son avocat, Philippe Meilhac… Et il s’est retrouvé confronté à ces massacres, face auxquels il n’a rien pu faire ! »

Tito Barahira tente donc de camper le personnage d’un fonctionnaire sans relief, uniquement au service des autres, qu’ils soient Hutus ou Tutsis.