Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon en conférence de presse à Antananarivo, le 11 mai 2016.
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Mercredi 11 mai, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a achevé sa tournée dans l’Océan Indien à Madagascar. Il a dressé un tableau très sombre de la situation de l'île, à plusieurs niveaux, environnement, développement, corruption et droits de l’homme. Lors d’un discours devant les parlementaires puis devant le président de la République, il a exhorté les autorités à faire plus d’efforts. Notamment en ce qui concerne la lutte contre la malnutrition qui coûte au pays 1,5 milliard de dollars chaque année, selon les chiffres révélés hier.

Peu de félicitations, mais beaucoup de critiques. Dans son discours aux parlementaires malgaches, Ban Ki-moon a dépeint un pays exsangue : « La généralisation de la pauvreté est préoccupante ; la croissance économique est faible ; le taux de chômage élevé ; seuls trois enfants sur dix terminent l'école primaire. »

Il a donc demandé au pouvoir en place plus d’efforts. Notamment en ce qui concerne les problèmes de malnutrition, alors qu'est publié le rapport de l’ONU sur le coût de la faim dans le pays : « La dénutrition coûte à Madagascar plus d'un milliard et demi de dollars par an. C'est une tragédie pour la population et un désastre pour le développement. »

En plus des problèmes de développement, de corruption, de trafics, le secrétaire général des Nations unies a également pointé du doigt les exécutions sommaires perpétrées par les forces de l’ordre, et a enjoint les autorités de respecter la liberté d’expression : « Je vous engage instamment à faire cesser toutes les violations des droits de l'homme. La torture n'a pas sa place dans notre monde. »

Enfin, Ban Ki-moon a invité les politiciens au dialogue pour mettre un terme aux luttes stériles qui peuvent paralyser ou déstabiliser le pays.