RCA: première journée d’hommage aux victimes et déplacés de la crise centrafricaine

Dans le camp de réfugiés de Mpoko, en février 2014.
© AFP PHOTO / FRED DUFOUR

Ce mercredi, la République centrafricaine inaugurait la première journée des victimes des conflits en RCA. Une journée en mémoire des morts et des blessés de la guerre civile qui a frappé le pays entre 2013 et 2015. Une journée aussi à la mémoire des déplacés, elles aussi victimes de la guerre.

Le camp de Mpoko, situé au pied de l'aéroport de Bangui, est l'un des 20 camps que compte la capitale du pays. La situation sur Mpoko n'empire pas, mais elle ne s'améliore pas non plus comme en témoigne Bertin, chef de quartier : « Les personnes du 3e âge souffrent tellement et les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans souffrent du paludisme. Donc c’est ça, c’est notre crainte. Nous voulons repartir chez nous parce que vraiment c’est déplorable la vie sur le site de Mpoko, c’est difficile, c’est vraiment précaire ».

Rentrer chez lui, c’est l'idée fixe de Bertin et sa famille, déplacés depuis le 5 décembre 2013, date du début du conflit. Pourtant, ils viennent du 3e arrondissement de Bangui, c'est-à-dire à moins de trois kilomètres du camp de Mpoko et s'ils ne peuvent pas rentrer, c’est avant tout pour des raisons de sécurité : « Pour l’instant nous avons des craintes parce que maintenant, depuis l’arrivée du pape il n’y a plus de [détonations] d’armes. Et voilà, maintenant une partie des gens détiennent seulement des armes blanches et mettent la vie des personnes en dérive. Nous souhaiterions qu’on désarme le 3e arrondissement… »

Au total, sur le territoire centrafricain on compte plus de 420 000 déplacés, répartis dans 98 camps. Encore un autre chantier titanesque pour les nouvelles autorités du pays.