Burundi: les autorités appellent à manifester un an après le coup d'Etat manqué

Les manifestants, à l'appel du gouvernement, sont descendus dans la rue pour protester contre les «actes d'agression» du Rwanda voisin, à Bujumbura, le 13 février 2016.
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimana

Un an après l'échec d'un coup d'Etat contre le régime Nkurunziza, les autorités appellent à de grandes manifestations samedi 14 mai pour célébrer la cohésion. A l'époque, le chef de l'Etat était candidat à sa réélection pour un troisième mandat contesté par l'opposition et la société civile. Le 13 mai, des militaires avaient tenté de prendre le pouvoir et avaient fini par se rendre ou fuir le lendemain.

Les autorités prévoient des marches dans tout le pays pour montrer que les Burundais sont unis derrière leur président. L’objectif est de faire passer un message : la cohésion, déjà mise en avant vendredi 13 mai lors d'une conférence de presse.

Le pouvoir a dénoncé non seulement le putsch manqué de l'an dernier, mais aussi les assassinats ciblés contre les forces de sécurité des derniers mois, une campagne de médisance dans les médias et enfin l'ingérence du Rwanda. Les autorités burundaises publient d'ailleurs un rapport entier sur la question avec une explication : le Rwanda tenterait de déstabiliser le Burundi pour interrompre le travail de réconciliation mené par le président Nkurunziza.

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Mais là encore, précisent les autorités, le plan a échoué. Elles assurent que la sécurité est rétablie dans l'ensemble du pays, à l'exception de quelques actes terroristes. Pourtant vendredi 13 mai, une centaine de personnes ont encore été arrêtées dans la capitale, dans le quartier contestataire de Musaga, et des dizaines d’autres dans la région de Bururi. Il s’agirait de jeunes hommes se rendant à l’école.

Le maire de Bujumbura explique qu'il s'agit juste de contrôler les mouvements de population grâce à ce que l'on appelle les cahiers de ménage dans lesquels chaque foyer doit inscrire les noms de toute la famille. Les noms des visiteurs doivent aussi être notés scrupuleusement dans les registres.

Si par mégarde, quelqu'un n'est pas enregistré, on l'interpelle. On doit savoir pourquoi il n'est pas recensé. Cela nous permet de contrôler les mouvements de populations, savoir si tel ou tel est un malfaiteur ou pas [...] Ca existe depuis longtemps, mais les gens n'avaient pas pris ça au sérieux [...] Maintenant on va pouvoir passer à une deuxième phase : faire payer des amendes administratives

Freddy Mbonimpa
14-05-2016 - Par Pierre Pinto

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