Le Sénégal et la Gambie annoncent des négociations pour débloquer les frontières

Des camions de marchandises sénégalais bloqués à Keur Ayip, à la frontière sénégalaise-gambienne, le 9 mai 2016.
© SEYLLOU / AFP

C’est officiel, les négociations entre le Sénégal et la Gambie débutent ce dimanche 15 mai. Depuis trois mois, les relations entre les deux Etats sont très mauvaises. En cause, notamment, la fermeture des frontières suite à la décision du président gambien, Yahya Jammeh, d’augmenter fortement de 4 000 à 400 000 Francs CFA, les droits de douane sur les camions de marchandises. Et malgré l’annulation de cette mesure, aucun véhicule ne rentre en Gambie. Les deux Etats vont donc négocier, mais la sortie de crise est loin d’être gagnée.

Le communiqué est tombé au cœur de la nuit. Il est signé par Mankeur Ndiaye, ministre sénégalais des Affaires étrangères. Des négociations se tiennent ce dimanche matin dans un grand hôtel de Dakar.

Le très ferme président Yahya Jammeh a donc accepté la proposition des autorités du Sénégal de négocier dès ce week-end. La présence d’une délégation gambienne, venue participer à une réunion de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), a accéléré un processus qui était au point mort.

Interrogé plus tôt ce vendredi, Mankeur Ndiaye souhaite des discussions « sans tabou ». « Ce n’est pas la première fois qu’on a ces problèmes à la frontière. Il faut que définitivement on puisse les résoudre (.). Il ne faut pas qu’il y ait des tabous. Il faut que la Gambie pose les problèmes qu’elle juge nécessaire de poser sur la table. Et nous aussi, nous poserons sur la table tous les problèmes pour éviter toutes les entraves à la libre circulation des personnes des biens et des marchandises », affirme le chef de la diplomatie sénégalaise.

Les négociations seront menées par les deux ministres des Affaires étrangères et devraient se focaliser sur le problème des frontières fermées. Ce problème asphyxie économiquement la Gambie et multiplie par deux le temps de trajet pour se rendre en Casamance.

Incertitudes

Poignée de main diplomatique, véritable lancement des discussions, mise en place d'un calendrier de négociations, « personne n'est en mesure de dire ce qu'il va sortir des pourparlers de ce dimanche », indique une source au sein du ministère sénégalais des Affaires étrangères. Le principal objectif demandé a maintes reprises par la Cédéao reste de faire baisser la tension pour véritablement lancer ces négociations, car il y aura sans doute des allers-retours entre Dakar et Banjul pour que les 2 Etats se mettent d'accord sur les différents points de discorde.

Si, après 3 mois de blocage, la réouverture des postes douaniers est la priorité des priorités, elle ne pourra se faire qu'avec la signature d'accords économiques qui déterminent précisément les frais de douanes, la relance du chantier du pont entre les 2 pays, lancé en février 2015 mais à l'arrêt depuis.

→ A (RE)LIRE : Reportage à la frontière Sénégal-Gambie fermée pour les marchandises

Pour aboutir à un accord complet, ces négociations pourraient prendre du temps. Elles nécessiteront probablement des discussions directes entre Macky Sall et Yahya Jammeh. Ce n'est sans doute pas par hasard que le ministre sénégalais des Affaires étrangères Mankeur Ndiaye a déclaré que le président gambien était le bienvenue au Sénégal.

Les pourparlers ont débuté à 10h ce dimanche 15 mai au matin et pourraient durer. Le communiqué des autorités du Sénégal n’indique aucun délai.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.