Sommet contre Boko Haram: «Bring Back Our Girls» réclame plus de moyens

«Nous ne pouvons attendre plus longtemps!», clament ces pancartes portées le 14 avril 2016 à Lagos (Nigeria) par des manifestantes, deux ans après la capture massive de près de 300 lycéennes à Chibok par Boko Haram.
© REUTERS/Akintunde Akinleye

Le président Muhammadu Buhari invite ce samedi 14 mai les chefs d'Etat de la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) pour un sommet consacré à la lutte contre l'organisation Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ex-Boko Haram). Le sommet a pour objectif de faire un point d'étape sur les moyens à mutualiser entre les différents alliés dans la guerre contre l'ex-Boko Haram. Un rendez-vous très attendu aussi par les membres du collectif « Bring Back Our Girls » en soutien aux plus de 200 lycéennes enlevées par la secte en avril 2014 à Chibok.

Après une courte escale à Bangui, en République centrafricaine, le président français François Hollande est au Nigeria pour assister à ce sommet, tout comme des représentants des Etats-Unis et de l'Union européenne. La rencontre se déroule dans un grand hôtel d'Abuja jouxtant Unity Fountain, le lieu où se retrouvent tous les jours depuis deux ans les membres du collectif « Bring Back Our Girls ».

« Un sommet comme celui-là, j'en attends l'essentiel, s'impatiente Aisha Yesufu, membre active du collectif Bring Back Our Girls. On ne peut pas continuer à mener cette guerre sans vraiment augmenter de manière significative nos moyens de surveillance et de renseignement. »

→ A (RE)LIRE : Boko Haram en cinq actes: évolution de l'islam radical au Nigeria

D'autant plus que les attaques de Boko Haram, même si elles tendent à diminuer, continuent de toucher régulièrement la population nigériane, rappelle Mme Yesufu. « Nous venons juste d'avoir un attentat suicide à Maiduguri avant-hier [mercredi 11 mai, ndlr]. Et si nous voulons que cette guerre se termine, nous devons bien avoir à l'esprit qu'elle ne l'est pas encore. Nous devons comprendre que c'est d'abord une guerre idéologique. Et cela va prendre du temps. Nos chefs doivent en chercher les racines, ce que coûte tout ce terrorisme et ils doivent commencer à résoudre ce problème. Tant que l'on ne cherchera pas à régler ces problématiques, cela ne fera qu'empirer. »

→ A (RE)ECOUTER : Boko Haram : le prix de la crise au quotidien

Pour elle , « la guerre contre l'insurrection ne pourra pas être gagnée sans la libération des lycéennes de Chibok. J'espère qu'avec ce sommet qui se déroule tout près de la fontaine de l'unité, là où des citoyens se réunissent tous les jours depuis plus de 745 jours, les chefs d'Etat se souviendront que tant que les filles de Chibok ne sont pas rentrées chez elles, cette guerre est loin d'être gagnée. »

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.