Comores: Azali Assoumani élu nouveau président

Azali Assoumani élu, ce dimanche 15 mai 2016, nouveau président des Comores par la Cour Constitutionnelle.
© Ibrahim Youssouf/AFP

Aux Comores les résultats définitifs des élections présidentielles étaient attendus et sont maintenant connus. Azali Assoumani est le nouveau chef de l’Etat et désormais, plus aucun recours n’est possible. Il a été déclaré, ce dimanche 15 mai, président de l'Union des Comores par la Cour constitutionnelle. Cette proclamation met ainsi un terme à une élection à rebondissements.

Cette fois, c'est fait. Les Comoriens connaissent le nom de leur nouveau président, le colonel Azali Assoumani Boina Hairi. L'annonce aujourd'hui de la Cour Constitutionnelle marque effectivement la ligne d'arrivée d'une interminable course d'obstacles.

Les résultats du premier tour annoncés par la Céni au milieu de la nuit ; les résultats du second tour annoncés cinq jours après le scrutin dans une ambiance de haute tension ; la validation de la Cour constitutionnelle intervenant dix longs jours plus tard pour n'être finalement qu'un décret de reprise de ce second tour qui a eu lieu dans treize bureaux de l'île d'Anjouan, et qui s'est soldé par la fuite, au milieu de la nuit, du président de la Céni avec urnes et procès-verbaux, furent autant d’incidents.

De dysfonctionnements en tentatives de fraudes soupçonnées, le droit a finalement parlé. L'actuel vice-président et candidat du pouvoir sortant, Mohamed Ali Soilihi dit « Mamadou » totalise 39,66% des suffrages contre 41,43% pour le nouveau président des Comores, Azali Assoumani.

Azali Assoumani, ex-putschiste et ancien président, est arrivé au pouvoir par un putsch, en avril 1999, et s'y maintiendra jusqu’en 2006, avant de le céder démocratiquement à Ahmed Abdallah Sambi, nouvellement élu.

Soulagement et joie

Les rues de la capitale ont été le théâtre de la liesse populaire jusqu'à tard dans la soirée samedi. Fidèle parmi les fidèles au président Azali Assoumani, son ancien directeur de cabinet Mohamed Chatur Badaoui a exprimé sa joie. « Très satisfaits des résultats obtenus, a-t-il réagi. Très sereins, on attendait de tels résultats puisque sans les partielles, c'est le colonel Azali qui dépassait largement le candidat Mohamed Ali Soilihi. Toutefois on y est allés parce qu'on était sûrs de gagner ces treize bureaux et on les a gagnés. C'est l'émotion, mais nous sommes très confiants. Nous félicitons le peuple comorien : les cinq années à venir c'est le colonel Azali pour le développement de notre pays. »

Electeurs d'Azali Assoumani ou pas, tous s'accordent sur un point : ce processus électoral a été trop long. Le pays a vécu au rythme des élections pendant cinq mois, ça suffit. « La population était fatiguée avec le doute qui planait. Personne n'était tranquille dans la rue. On se craignait les uns les autres et les gens ne supportaient plus cette crainte », explique un Comorien.

« On croyait qu'il allait y avoir des problèmes entre nous. Mais puisqu'ils ont décidé de nous dire celui qui a gagné, qui a emporté ces élections maintenant on est très contents », se réjouit un autre.

La dernière étape de ce processus électoral aura lieu le 26 mai prochain pour l'investiture du président. La vie devrait ensuite reprendre son cours normal aux Comores.