Congo: une délégation de représentants du pasteur Ntumi à Brazzaville

Le pasteur Ntumi (ici en juin 2008).
© AFP PHOTO / Guy Gervais Kitina

Au Congo-Brazzaville, selon nos informations, une délégation de représentants du pasteur Ntumi se trouve actuellement dans la capitale pour des discussions avec des représentants de la force de sécurité congolaise. L'objectif est de tenter de débloquer la crise née de l'attaque présumée sur Brazzaville le 4 avril dernier, attaque attribuée par les autorités au pasteur révérend Ntumi, toujours sous le coup d'un mandat d'arrêt. A ce stade, il ne s'agit pas de négociations, mais plutôt d'une série de prises de contact.

La plus grande discrétion entoure ces rencontres de Brazzaville. Selon nos informations, tout a débuté à Mayama dans le Pool, l’un des fiefs du pasteur Ntumi. C’est là qu’il y a une dizaine de jours, Paul-Marie Mpouélé, une personnalité politique congolaise, s’est rendue pour y rencontrer les représentants du pasteur et les convaincre de revenir à Brazzaville.

Un rôle de facilitateur pour lequel il se serait proposé avant d’être mandaté par le ministre de l’Intérieur et ainsi jouer les bons offices.

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Le pasteur Ntumi, qui se cache depuis plus d’un mois, ne prend pas part aux discussions. C’est Jean-Gustave Ntondo, secrétaire général par intérim de son parti, le Conseil national des républicains (CNR), qui affirme le représenter.

Première réunion le 10 mai

Mardi dernier, le 10 mai, une première réunion de contact s’est donc tenue à Brazzaville en présence du facilitateur et, assurent plusieurs sources, de représentants des forces de sécurité congolaises cette fois.

Ces discrètes prises de contact sont-elles le prélude à un véritable dialogue ? A ce stade, Jean-Gustave Ntondo affirme qu’il y a deux préalables : obtenir la fin de l'opération militaire dans le Pool, le départ de toutes les forces armées, afin explique-t-il de permettre aux populations déplacées de rentrer chez elle, et bien sûr « l'amnistie » autrement dit, la levée du mandat d'arrêt contre le révérend et ses proches. Autant de préalables à d'éventuelles discussions politiques.

Ce scénario est-il envisageable pour les autorités ? Pour le moment, en tout cas le porte-parole du gouvernement assure ne pas même être au courant de telles discussions, et répète ce qu'il a toujours affirmé : le pasteur Ntumi est accusé d'être responsable d'une attaque « terroriste » et à ce titre, la seule alternative possible pour lui c'est une reddition ou arrestation.