Burundi: remous au sein de la plate-forme de l'opposition

Léonard Nyangoma (ici en septembre 2015) a présidé le Cnared pendant 9 mois. Jean Minani a pris sa place.
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Au Burundi, pays en crise depuis plus d'une année - et la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un 3e mandat - le Cnared, la plate-forme qui regroupe pratiquement toute son opposition en exil comme restée au Burundi, est-elle minée par les divisions ?  Depuis l'organisation d'élections internes le 24 avril à Bruxelles, qui ont vu le renouvellement de sa direction, certains de ses membres l'assurent ou ont tout simplement claqué la porte. Mais la nouvelle direction minimise.

Il y a d'abord ces élections internes qui ont fait éclater au grand jour les rivalités au sein de ce conseil qui regroupe la quasi-totalité de l'opposition burundaise. Jean Minani, président du Frodebu Nyakuri, est préféré à Léonard Nyangoma, qui n'est resté que neuf mois à la tête du Cnared.

Autre perdant de cette élection interne, Hussein Radjabu, l'ancien tout-puissant patron du parti présidentiel burundais, dont il se réclame toujours comme le chef, et ses alliés de l'UPD-Zigamibanga.

C’en est trop pour lui. Hussein Radjabu claque la porte du Cnared, le 14 mai, en dénonçant violement une organisation qu'il accuse d'être basée sur le clientélisme.

L'UPD-Zigamibanga, qui se dit « écarté » de la direction de l'organisation, reste toujours membre du Cnared, mais son président d'honneur, Chauvineau Mugwengezo, est clair : « Il y a un grand malaise au sein de notre mouvement », martèle-t-il.

« Le plus important, c'est la lutte qui nous unit »

Jérémie Minani, chargé de la communication au sein du Cnared, ne souhaite pas commenter le départ de Radjabu. Mais il assure qu’il n'y a pas « de maison qui brûle ». Et d'ajouter que tout parti est libre de quitter cette coalition d'opposition, « le plus important, c'est la lutte qui nous unit ».

Enfin, il y a les coups qui viennent de l'extérieur. Est-ce un hasard ? Le nouveau président du Cnared a été officiellement évincé de la tête de son parti dimanche 15 mai, par des quasi-inconnus « soutenus » par le pouvoir burundais, dénonce Jean Minani. Cela à quelques jours du nouveau rendez-vous des pourparlers interburundais de paix.

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