Des municipales à fort enjeu se profilent en Afrique du Sud

L'EFF de Julius Malema est en mesure de jouer les trouble-fête lors des prochaines municipales sud-africaines.
© REUTERS/Siphiwe Sibeko

En Afrique du Sud, le président Jacob Zuma appelle à des élections libres et transparentes. A trois mois des élections locales, les partis ont signé un code de bonne conduite lundi 16 mai. 280 formations politiques sont inscrites pour ces élections municipales qui doivent se tenir début août, 13 sont représentées au Parlement. Des élections qui risquent d’être serrées dans plusieurs municipalités. Et certains partis d’opposition s’inquiètent de possibles débordements.

Ce sont les élections locales les plus serrées depuis 20 ans. L’ANC, le parti au pouvoir, est notamment sérieusement menacée dans plusieurs localités et ce pour la première fois de son histoire.

Insultes, intimidations, distribution de colis alimentaire : l’opposition se plaint déjà de campagnes déloyales menées par l’ANC. Les observateurs mettent en garde : la violence politique a toujours existé, mais selon Ivor Sarakinsky, de l’université de Witwatersrand, cette violence risque d’être exacerbée par l’arrivée de concurrents sérieux à l’ANC.

« Ce qui rend ces élections différentes, c’est l’émergence de nouveaux partis, surtout l’EFF (Economic Freedom Fighters) de Julius Malema [NDRL: ex-président de la ligue de la jeunesse de l'ANC], qui a le potentiel de prendre des voix à l’ANC, prévient l’universitaire. A cela s’ajoute la nature même de l’EFF, qui est né de l’expulsion de son leader du parti au pouvoir. La rivalité entre les deux partis est prégnante, le langage utilisé est très hostile. De plus, si la compétition est aussi féroce, c’est que le contrôle de municipalités puissantes est en jeu. »

Un électeur sur trois sans adresse

A cela s’ajoute un problème de taille auquel est confronté la Commission électorale indépendante : plus de 8 millions d’électeurs inscrits n’ont pas d’adresse, soit un électeur sur trois.

Pour Ivor Sarakinsky, c’est une porte ouverte à la fraude avec le déplacement d’électeurs d’un bureau à l’autre pour remporter le contrôle de ces grandes municipalités.

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