Republier
Tchad

Enquête sur les militaires disparus au Tchad: certains manquent encore à l'appel

Certains militaires avaient été portés disparus après l'élection présidentielle.
© Thomas SAMSON/Gamma-Rapho via Getty Images

Une enquête a été ouverte au Tchad sur la disparition de militaires au lendemain de la présidentielle du 10 avril. Selon des partis d’opposition et plusieurs ONG, des dizaines d’entre eux ont disparu car ils auraient refusé de voter pour le président sortant, Idriss Déby. La France et les Etats-Unis avaient fait part de leur préoccupation. Le gouvernement avait indiqué que ces militaires étaient en mission. Quatre présumés disparus ont fait depuis une apparition à la télévision, d’autres ont regagné la capitale et leurs familles, mais certains manquent encore à l’appel.

Les enquêteurs ont rencontré trois familles toujours sans nouvelles de leurs parents, ainsi que des responsables d’ONG, d’hôpitaux et de médias. Le procureur de la République, Alghassim Khamis, insiste : son travail a commencé dès le 20 avril et des enquêteurs chevronnés de la brigade criminelle sont mobilisés. Les hauts responsables militaires seront également auditionnés. Des familles confirment avoir été interrogées.

« Mon frère nous tient toujours au courant avant de partir en mission », s’énerve un témoin qui préfère conserver l’anonymat. Il juge troublante la proximité entre sa disparition et le jour du vote, qui était organisé le 9 avril pour les militaires. Même s’il a pu s’entretenir brièvement au téléphone avec son frère, mercredi dernier, notre interlocuteur ne sera pleinement rassuré que lorsqu’il l’aura vu « en chair et en os ».

Une autre famille respire depuis le retour de leur fils dans la capitale il y a quelques jours, après des semaines passées sans nouvelles et dans l’angoisse.

La ligue tchadienne des droits de l’homme, qui fait toujours état de vingt disparus, avait réclamé une enquête internationale et non une enquête judiciaire. « Nous restons sur notre faim », a déclaré son président Midaye Guerimdaye avant d’ajouter : « Si le procureur parvient à éclaircir le mystère et rassurer les familles, nous serons néanmoins satisfaits ».

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.