RDC: lettre ouverte au président Kabila sur les massacres à Béni

Des proches pleurent les victimes d'un massacre à Beni dans le Nord-Kivu, le 9 mai 2015.
© AFP PHOTO / KUDRA MALIR

La coordination des sociétés civiles des territoires de Beni, Butembo et Lubero au Nord-Kivu adresse une lettre ouverte au président Kabila, après une série de nouveaux massacres de civils dans cette province de l’est de la RDC. Elles demandent au chef de l'Etat d'assumer ses responsabilités de chef suprême des armées pour faire cesser ces massacres, qui selon leur décompte ont coûté la vie à plus de 1000 personnes en un an et demi. Sans oublier les plus de 1400 kidnapping et les centaines de maisons incendiées. Les auteurs de cette lettre ouverte demandent des enquêtes sur les récents massacres et une évaluation des opérations de lutte contre les groupes armés menées dans la régions.

La situation est intolérable pour Gilbert Kambale, président de la Coordination de la société civile de Beni, qui a envoyé une lettre ouverte au président de la République, Joseph Kabila. « Malgré les promesses fermes, les massacres continuent. C’est la raison principale pour laquelle nous avons envoyé la lettre ouverte au président de la République. Depuis le 2 octobre 2014 jusqu’à ce jour, nous comptabilisons les morts tués sauvagement. Nous arrivons jusqu’à 1 116 personnes dans les deux territoires de Beni et de Lubero mais particulièrement dans la ville de Beni où il y a eu près de 1 050 morts. Il faut un effort supplémentaire pour mette fin à ces massacres », a insisté Gilbert Kambale.

Le président de la Coordination de la société civile de Beni a tenu aussi à souligner les conditions dramatiques des personnes obligées de se déplacer. « Il y a également des déplacés qui n’ont pas d’aide humanitaire. Des villages entiers sont abandonnés, les écoles fermées ainsi que les centres de santé. Il y a là beaucoup de problèmes qui attendent des solutions », a déclaré Gilbert Kambale.

Les auteurs de cette lettre ouverte demandent également des enquêtes sur les récents massacres et une évaluation des opérations de lutte contre les groupes armes menées dans la région.

Nous avons demandé que l'état-major général se déplace de Kinshasa jusqu'au Nord-Kivu, aussi d'accélérer le processus de rapatriement des rebelles rwandais dans leur pays d'origine, au Rwanda. Nous avons demandé également qu'on fasse des enquêtes pour essayer d'établir les responsabilités.

Gilbert Kambale
17-05-2016 - Par Florence Morice

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