Brazzaville veut le départ de l'ambassadrice de l'UE au Congo

Brazzaville considère que le comportement de la diplomate néerlandaise est « contraire à sa fonction ».
© Wikimedia/Jomako

Le ministère des Affaires étrangères congolais demande à l'Union européenne de rappeler son ambassadrice dans le pays, Saskia de Lang, au motif, selon une « note verbale » révélée mercredi par le quotidien Les Dépêches de Brazzaville, que le comportement de cette diplomate néerlandaise de 59 ans serait « incompatible » avec sa fonction. Pour le moment l'UE ne cède pas et réaffirme son soutien à sa représentante. Pour rappel, Bruxelles avait refusé d'observer la présidentielle de mars dernier et émis de sérieux doutes sur la « crédibilité » de la réélection du président Denis Sassou-Nguesso.

C'est le ministre des Affaires étrangères en personne qui est allé porter le courrier à Bruxelles. Une note verbale datée du 9 mai dans laquelle Brazzaville reproche à l'ambassadrice de l'Union européenne « un activisme contraire » à la « Convention de Vienne qui régit les relations diplomatiques entre les Etats ».

En guise d'exemple, les autorités citent notamment un courrier dans lequel Saskia de Lang demande à être reçue dans « les plus brefs délais » par la Cour constitutionnelle, dix jours après la présidentielle. Un courrier perçu comme une « injonction », « inadmissible ».

Samedi dernier, un incident est venu confirmer la brouille. Alors que le ministre des Affaires étrangères avait convié l'ensemble des diplomates accrédités à échanger sur la situation du pays, la représentante de l'UE, elle, s'est vue refuser l'accès sans autre forme d'explication. Tout juste lui aurait-on promis que le ministre la recevrait sous peu. Promesse restée lettre morte à ce jour, selon les informations de RFI.

Bruxelles réaffirme son soutien à la diplomate

Pour exprimer leur solidarité, les ambassadeurs d'Allemagne, de Suède, des Pays-Bas, ainsi qu'un chargé d'affaires de l'ambassade d'Espagne ont quitté la salle.

En guise de réponse, mardi 17 mai, dans un courrier, l'UE a réitéré son soutien à sa diplomate en poste depuis 2014, assurant qu'elle jouissait « de la pleine confiance de Bruxelles » et ajouté comme en avertissement : « Toute décision de votre part à son égard aura un impact sur la relation confiante » entre l'UE et la République du Congo. Bruxelles se dit par ailleurs dans ce courrier entièrement « disposée à poursuivre son dialogue et sa coopération avec le gouvernement ».

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