Mali: cinq casques bleus tués lors d’une attaque d'Ansar Dine dans le Nord

Soldats tchadiens à Kidal le 7 février 2013.
© Cheick Diouara/Reuters

Au Mali, cinq casques bleus de la Mission onusienne ont été tués mercredi 18 mai dans la région de Kidal, au nord d'Aguelhok. Trois soldats ont aussi été blessés grièvement. Il s’agit de militaires du contingent tchadien qui ont été pris dans une embuscade. L'attaque a été revendiqué jeudi par le groupe jihadiste Ansar Dine.

C’est ce que les spécialistes appellent une attaque complexe. Les casques bleus de nationalité tchadienne escortaient un convoi logistique dans la région de Kidal, au nord-est du Mali. Un groupe d’hommes armés, visiblement bien informés, a alors pris position côté ouest et est de la route, au nord de la localité d’Aguelhok.

Une mine a été posée, entraînant une forte explosion avant que les assaillants ouvrent le feu. Sur le coup, quatre casques bleus ont été tués. Les soldats de la paix, après un moment de surprise, ont à leur tour ouvert le feu, il y a quatre autres blessés dans leur rang. Parmi eux, une personne décèdera plus tard.

Dans la nuit de ce mercredi à jeudi, un avion de la Minusma, la mission de l’ONU au Mali, a survolé la zone de combat, selon des témoins contactés par RFI. De leur côté, les soldats tchadiens de l’ONU, arme au poing, patrouillaient encore ce jeudi midi dans le même secteur.

Revendication d'Ansar Dine

Ce jeudi 19 mai, l'attaque a été revendiqué par le groupe islamiste Ansar Dine. « Nos moujahidines ont attaqué sur notre terre d'islam de l'Adrar des Ifoghas (région de Kidal) des militaires qui travaillent dans le regroupement international contre nous », a déclaré un responsable du groupe, Nourredine Ag Mohamed, qui a déjà revendiqué de précédentes opérations au nom d'Ansar Dine. « De nombreux ennemis sont restés couchés pour toujours », a-t-il affirmé, sans fournir de bilan chiffré.

Ansar Dine reproche notamment au Tchad de faire partie de la coalition internationale contre les jihadistes, avant d’ajouter que les attaques continueront « jusqu’au départ des ennemis de l’islam et de leurs complice ». En clair, le groupe dirigé par Iyad Ag Ghaly, chef rebelle touareg, veut le départ du terrain des forces onusiennes et françaises de l’opération Barkhane. Un départ qui n’est pas du tout à l’ordre du jour.

Le gouvernement malien, la mission de l’ONU ont condamné l’attaque. Une cérémonie en hommage aux militaires tués est prévue. Ensuite, le représentant de la Mission de l’ONU, Mahamat Saleh Annadif lui-même raccompagnera les dépouilles mortelles à Ndjamena.