RDC: Moïse Katumbi inculpé dans l’affaire «des mercenaires étrangers»

Moïse Katumbi à Lubumbashi, le 28 mars.
© AFP/FEDERICO SCOPPA

Moïse Katumbi a été inculpé ce jeudi 19 mai en République démocratique du Congo (RDC) pour « atteinte à la sûreté intérieure comme extérieure de l’Etat » et placé sous mandat d'arrêt provisoire. Selon le gouvernement congolais, l’opposant déclaré candidat à la présidentielle aurait recruté des mercenaires étrangers.

Alors que le parquet général de Lubumbashi estime que Moïse Katumbi a été amplement entendu sans attendre sa troisième audition reportée à cause de son état de santé, il a décidé de l’inculper pour « atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat » et de le placer sous mandat d'arrêt provisoire. Celui-ci est soupçonné par le gouvernement congolais d’avoir recruté des mercenaires étrangers, notamment américains.

Lorsque l’information a été diffusée par les médias proches du gouvernement, l’entourage de l’ex-gouverneur du Katanga a dit ne pas être au courant et vouloir attendre d’être officiellement notifiés. « Comment pourrait-on l’inculper ? Son audition n’est même pas terminée ! C’est vraiment du n’importe quoi ! », a vivement réagi l’un des membres de son collectif d’avocats.

Mais depuis, silence radio. Côté gouvernement, on se refuse à commenter au-delà de l’annonce de l’inculpation. « C’est l’affaire de la justice », déclare le ministre de la Communication, Lambert Mende.

→ A (RE)LIRE : RDC: l'opposant Moïse Katumbi accusé d'avoir recours à des « mercenaires »

Silence également du côté des avocats de Moïse Katumbi. Ceux-ci expliquent simplement avoir rappelé au parquet que l’opposant à Joseph Kabila demandait à être soigné dans un hôpital sud-africain après avoir été malmené lors d’échauffourées entre la police et ses partisans la semaine dernière.

Selon le communiqué du cabinet du procureur général, il pourra se faire « prendre en charge par des institutions médicales appropriées ». Même si aucune précision n’est apportée, les avocats de l’opposant congolais à Joseph Kabila se refusent à tout commentaire, mais précisent que Moïse Katumbi voulait se faire soigner à l’étranger.

Par ailleurs, une dizaine d'ONG des droits de l'homme du Katanga dénoncent la pression des autorités sur les magistrats du parquet général de Lubumbashi dans cette affaire. Dans un communiqué, elles demandent aux autorités congolaises de laisser la justice faire son travail en toute indépendance.

S’il y a des raisons de croire que monsieur Katumbi a recruté des mercenaires, et bien qu’on laisse le parquet général de Lubumbashi faire son travail et quand il y aura des résultats, on va déférer monsieur Katumbi devant la cour d’appel de Lubumbashi dans une audience publique et nous saurons de quoi exactement il est question.

Maître Hubert Tshiswaka
20-05-2016 - Par Laetitia Bezain


Martin Fayulu multiplie lui aussi les déboires

Alors qu’il terminait une tournée tumultueuse dans le Bandundu, le candidat à la présidentielle a eu la surprise d’apprendre que la police avait fait irruption à son hôtel et domicile et l’avait scellé. Il s’agit d’un conflit avec la direction générale des recettes de Kinshasa qui date de 2010. Le président de l’Ecidé (Engagement pour la citoyenneté et le développement) assure avoir payé les taxes. Son entourage dénonce une nouvelle tentative d’intimidation et une volonté de lui couper les vivres pour l’empêcher de poursuivre ses activités politiques.

Le Front citoyen 2016 convoqué à l’agence nationale des renseignements

Deux militants du Front citoyen 2016 avaient organisé une action de sensibilisation. Le sujet : la cohabitation pacifique en temps de manifestation à destination des autorités et des policiers. Ils ont été convoqués une nouvelle fois à l’agence nationale des renseignements jeudi 19 mai, mais ont décidé de ne pas s’y rendre pour prendre le temps de consulter un avocat. Les chefs de quartiers qui avaient participé ont eux aussi été convoqués et entendus pendant plusieurs heures par les services de renseignements et menacent de porter plainte contre les deux militants. Pour le maire de Bunia, il s’agit d’un simple problème d’autorisation et d’information.
 

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