Nigeria: confusion autour de la libération de la deuxième lycéenne de Chibok

Photo non datée de la deuxième jeune fille rescapée de Boko Haram, fournie par l'armée nigériane hier, jeudi 19 mai.
© Nigeria Military/Handout via REUTERS

L'armée nigériane affirme qu'une ex-captive du lycée de Chibok figure parmi les quelque cent otages libérés jeudi 19 mai à la faveur d'une nouvelle offensive militaire menée dans la forêt de Sambisa, dans l'Etat de Borno. La jeune fille, Serah Luka, dit être originaire de l'Etat voisin de l'Adamawa. Les familles et les responsables d'associations de Chibok disent que la jeune fille ne figure nulle part sur leur liste. Cette information intervient quelques heures après la rencontre entre le président Buhari et Amina Ali, la première lycéenne de Chibok retrouvée mardi dernier.

Selon le porte-parole de l'armée nigériane, le colonel Sani Usman, la deuxième otage de Chibok se trouvait parmi 97 femmes et enfants libérés jeudi lors d'une opération conjointe de l'armée et des miliciens à 11h (10h TU) aux alentours de Damboa, dans l'Etat de Borno, dans le nord-est du pays. Le colonel Sani Usman ajoute que parmi ces otages, il y avait une ex-captive de Chibok, qui s'appelle Serah Luka. Il précise même qu’elle est 157ème sur la liste des lycéennes enlevées en avril 2014. 

Mais les responsables de diverses associations de Chibok ont dit à RFI que ce nom n'apparaît pas sur leur liste, ce qui est troublant. Le gouvernorat de Borno s'agace aussi de ne pas avoir été consulté par l'armée, qui maintient sa version pour l'heure. Ces informations sont à prendre avec précaution. L’armée avait en effet donné une mauvaise identité lors de la libération d’Amina Ali, la première ex-otage de Chibok libérée mardi 17 mai. L’armée avait aussi dit que ses troupes l’avaient libéré. La communauté de Chibok soutient-elle que ce sont les comités de vigilance.

«On pense qu'il s'agit de la fille du pasteur Luka », a ajouté le colonel Usman, précisant que la jeune fille recevait des soins médicaux dans une caserne de Biu, dans l'Etat de Borno. La jeune fille, originaire de Madagali, dans l'Etat voisin d'Adamawa, n'avait été scolarisée à Chibok que deux mois avant d'être enlevée, ajoute le texte.

Les familles souhaitent que les autorités laissent les otages libérées en paix pour qu’elles puissent se reconstruire. Amina Ali s’est vu imposer un programme chargé dans les deux premiers jours qui ont suivi sa libération puisqu’elle a subi des interrogatoires avant d’être présentée au gouverneur puis convoyée à Abuja depuis Maiduguri, la capitale de l'Etat de Borno, avec sa mère, Binta, pour rencontrer le président Muhammadu Buhari.

Amina Ali Darsha Nkeki, la première lycéenne de Chibok à avoir échappé aux mains de Boko Haram, présente son enfant au président Buhari. © REUTERS/Afolabi Sotunde

Au terme de la rencontre, M. Buhari a assuré devant les médias que l'Etat paierait les études d'Amina Ali, et que le gouvernement ferait « tout ce qu'il peut pour sauver d'autres jeunes filles de Chibok ». « Le sauvetage d'Amina nous donne de nouveaux espoirs, et nous offre une opportunité unique en termes d'informations vitales », a-t-il poursuivi.

Le 14 avril 2014, Boko Haram avait enlevé 276 jeunes filles d'un lycée de Chibok. Cinquante-sept d'entre elles avaient réussi à s'échapper dans les heures suivant leur rapt par le groupe islamiste.

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