Nigeria: comment la forêt de Sambisa ralentit la guerre contre Boko Haram

L'armée nigériane ratisse la forêt de Sambisa à la recherche d'insurgés de Boko Haram. Le 2 mai 2016
© naij.com

Au Nigeria, l’armée affirme avoir libéré quatre-vingt-dix-sept femmes et enfants lors d’une offensive dans la forêt de Sambisa, le jeudi 19 mai. L’une des otages libérée compte parmi les lycéennes de Chibok enlevées en avril 2014, ce que démentent les familles de Chibok. Toujours est-il que l’armée multiplie les interventions dans cette forêt qui est, depuis 2013 le sanctuaire des insurgés. Ces opérations se soldent souvent par des dizaines de terroristes tués ou capturés, des armes confisquées et des camps démantelés, assure l’armée, photos à l’appui. Mais cela reste insuffisant pour venir à bout de Boko Haram. Et c’est sans doute lié à l’étendue de cette forêt au relief hostile.

La forêt de Sambisa, une ancienne réserve animalière, à cheval sur une demi-douzaine d’Etats est grande comme le Togo. Elle est recouverte d’épineux, la végétation y est dense.

Ben Shemang, le correspondant de la rédaction anglaise de RFI, l’a constaté lors de plusieurs missions de reportage avec l’armée nigériane. « Maintenant, c’est la saison des pluies. Certaines zones sont marécageuses. D’autres sont rocailleuses. Il y a des zones vraiment infranchissables pour certains véhicules militaires. Et l’armée ne s’est même pas approchée des grottes encore. C’est pourquoi d’ici à ce que tous les camps insurgés soient démantelés, il faudra du temps et mener une guerre, une grande guerre », analyse Shemang.

La zone est aussi minée, et les insurgés ont fait sauter de nombreux ponts. « Les militaires doivent être très prudents : ils doivent neutraliser ces mines, avant de pouvoir avancer. Pour ça, il y a des équipes de démineurs. Les équipes du génie civil elles, doivent construire des ponts provisoires, pour permettre aux blindés et aux véhicules qui transportent les troupes, le matériel et les vivres d’avancer, c’est pour ça que ça va prendre du temps, tout cela je l’ai vu de mes yeux, j’ai aussi vu un blindé sauter sur une mine qui n’avait pas été repérée » poursuit Ben Shemang.

L’assaut final contre les insurgés dans la forêt de Sambisa pourrait mobiliser les savoir-faire des différents contingents qui composent la force mixte multinationale.

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