Burundi: des représentants de l'Uprona, membre du Cnared, présents au sommet d'Arusha

Vue de Arusha, en Tanzanie (photo d'illustration).
© Photo: Wikimedia/Phase9

Après une année de grave crise au Burundi marqué notamment par un processus de paix totalement en panne, le facilitateur tanzanien a lancé il y a deux jours la relance du dialogue interburundais à Arusha, en l'absence de l'opposition regroupé essentiellement au sein de Cnared, principale coalition d'opposition. Mais certains de ses membres étaient bien présents, avec des propositions.

Dans un groupe de travail se trouvait Jean de Dieu Mutabazi qui dit appartenir à la Coalition pour une opposition participative, la Copa. « Pour nous, la question se résume entre les gens qui veulent conquérir le pouvoir à travers les urnes et les autres, qui veulent passer soit par les coups d’Etat, soit par les négociations pour avoir le pouvoir. »

Et la solution ? C’est que ce processus de dialogue se poursuive au Burundi, tout simplement. Première surprise, ce ne sont pas les seuls partis reconnus par les autorités au Burundi qui ont été invités, comme on l’avait dit. L’ambassadeur Félix Ndayisenga est venu représenter une aile du parti au pouvoir qui lui est farouchement opposé.

Et c’est la deuxième surprise, des représentants de l’aile majoritaire du parti Uprona, qui appartient au Cnared qui a décidé de boycotter ces assises par ce qu’il n’était pas invité, sont bien là malgré l’opposition de leur leader, parce qu’il était urgent, selon eux, de présenter leurs priorités.

« Un : l’arrêt des violences, deux : l’organisme pour veiller au respect et à la mise en application de l’accord d’Arusha, trois : on va négocier sur la mise en place des institutions de transition pour finalement recommencer le processus électoral qui va nous amener aux institutions légales et crédibles aux yeux de l’opinion nationale et internationale » détaille Tatien Sibomana.

Mise en commun

Reste maintenant le plus dur : faire une thèse acceptable pour tous de tous ces points de vue très contradictoires. Ibrahim Fall, envoyé spécial de l’Union africaine dans la région des Grands Lacs, explique que c'est normalement la prochaine étape du sommet.

« Au-delà nous espérons que cette session sera suivie rapidement d’une autre session, beaucoup plus orientée vers, non plus une écoute séparée des acteurs comme c’est le cas ici, mais une mise en commun de tous les acteurs pour aller au fond des questions », souligne-t-il.

Malgré la complexité de la tâche, l'envoyé de l'UA se veut optimiste. « Il n’est jamais trop tard pour bien faire. C’est pourquoi nous accueillons cette réunion à Arusha avec espoir. Espoir que le dialogue va reprendre de façon intensive, orienté avec un calendrier précis et une volonté politique réelle des acteurs burundais de parvenir à se mettre d’accord sur les questions à discuter et à s’engager dans les discussions. »

A (RE)LIRE → Burundi: reprise à Arusha des pourparlers censés mettre fin à la crise

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.