Tunisie: le Ennahda nouveau, à référentiel musulman, est arrivé

Rached Ghannouchi, le leader du mouvement islamiste Ennahda lors de son discours pendant le congrès.
© Reuters/Zoubeir Souissi

Le mouvement islamiste tunisien Ennahda a voté dimanche 22 mai, lors de son congrès, la séparation entre ses activités politiques et religieuses, avec l'objectif affiché de s'adapter à l'évolution du seul pays rescapé du «Printemps arabe».

Deux jours de débats et des heures de discussions qui se sont prolongées jusque tard dans la nuit : le parti tunisien Ennahda était censé clôturer son 10e congrès à Hammamet dimanche soir mais les résultats définitifs de certains votes (ceux du Majless Choura, l'assemblée interne du parti) ne seront connus que dans la journée  de ce lundi. Toutefois, ce congrès, qualifié d'historique, marque un tournant pour le mouvement.

D'abord sans surprise, Rached Ghannouchi, 74 ans, est reconduit à la tête du parti. Cofondateur et leader historique d'Ennahda, sa réélection a été approuvée avec une majorité écrasante avec environ 75,6% des voix.

Autre enjeu du congrès : l'officialisation de la séparation entre les activités politiques et religieuses. Une séparation adoptée à plus de 80% par les participants au congrès. Désormais Ennahda ne se revendique plus de l'islam politique : le parti dit avoir créé son « propre modèle » à savoir un parti politique civil conservateur à référentiel musulman. «Nous nous dirigeons de manière sérieuse, cela a été adopté aujourd'hui, vers un parti politique, national, civil à référent islamique, qui œuvre dans le cadre de la Constitution du pays et s'inspire des valeurs de l'islam et de la modernité », a déclaré à la presse Rached Ghannouchi, le président et leader historique d'Ennahda, première force au Parlement tunisien.

En Tunisie, mais aussi, à l'étranger, le parti suscite encore de la méfiance. Dans les couloirs, certains membres le reconnaissent, redéfinir ainsi l'identité du parti participe à « dédiaboliser » l'image d'Ennahda, littéralement « renaissance » en arabe.

Désormais les dirigeants veulent se concentrer sur les questions politiques, économiques ou encore sociales. Une transformation stratégique à un an d'une échéance électorale : en mars 2017, les Tunisiens seront appelés aux urnes pour les municipales.

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