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Tunisie

Tunisie: méfiance dans la classe politique sur la mue d'Ennahda

Le leader d'Ennahda Rached Ghannouchi lors d'un discours au 10e congrès de son parti.
© REUTERS/ Zoubeir Souissi

Lors de son 10e congrès à Hammamet, le parti a officialisé la séparation entre activités politiques et religieuses. Désormais, Ennahda se définit comme un parti tunisien civil, conservateur avec un référentiel musulman. Une nouvelle identité validée par les bases du parti mais qui ne convainc pas forcément la classe politique tunisienne, qui se dit « méfiante ».

La transformation d'Ennahda en parti civil n'est-elle que du marketing ? Certains détracteurs se posent la question à l'issue du congrès. « Le parti doit prouver dans son discours politique de tous les jours et dans ses relations avec les associations » qu'il dit vrai, explique par exemple la députée indépendante Bochra Belhaj Hamida.

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Dans le pays, certains avouent être sceptiques face à l'authenticité de cette démarche. Ils disent craindre que le parti fasse peau neuve pour accéder à nouveau au pouvoir et changer ensuite « le modèle de société ». Une crainte balayée par Mohamed Kerrou, chercheur en sciences politiques. Il évoque lui une véritable maturité politique d'Ennahda.

« Je pense que c'est les intellectuels qui passent à côté de la plaque, qui n'arrivent pas à saisir le changement d'Ennahda, estime le chercheur. Et donc, il faudrait que les élites intellectuelles tirent la leçon et comprennent comment Ennahda a été capable d'assumer le changement, de se transformer pour que ces élites se transforment elles-mêmes. En fin de compte, ce n'est pas l'échec d'Ennahda à assumer le changement, c'est plutôt l'échec des élites à assumer le changement et à bâtir un front, un parti politique qui soit viable et qui soit stable ! »

Ennahda est aujourd'hui un poids lourd de la politique tunisienne : il forme d'ailleurs le groupe parlementaire le plus important de l'Assemblée.

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