Centrafrique: les ex-Seleka menacent de se réunifier

Un membre de l'ancienne rébellion Seleka pose avec son arme à Bambari, en mai 2015.
© AFP PHOTO / PACOME PABANDJI

Depuis plusieurs semaines le président Faustin-Archange Touadéra reçoit les représentants des groupes armés pour discuter de la mise en place du processus Désarmement, démobilisation, réinsertion, rapatriement (DDRR). La plupart des branches de l'ex-Seleka en sont ressorties très remontées contre les nouvelles autorités et envisagent même une « réunification » des mouvances principales en une seule chaîne de commandement.

A chacun des groupes armés reçus, Faustin-Archange Touadéra a expliqué que le processus de Désarmement, démobilisation, réinsertion, rapatriement (DDRR) serait géré par une structure au sein de laquelle ces groupes seront représentés. Mais la représentativité, c'est justement le grief principal des ex-Seleka envers les nouvelles autorités.

L'UPC d'Ali Darassa, le FPRC de Noureddine Adam, le RPRC de Joseph Zoundeko ou le MPC de Mahmat Al Katim. Tous dénoncent le fait qu'aucun ex-Seleka ne soit présent au gouvernement ou dans le tout nouveau cabinet présidentiel. « Si on ne nous associe pas à la prise de décision, comment ramener la paix ? » s'emporte Abdoulaye Hissène, ancien ministre et ancien conseiller présidentiel sous la transition.

Frustrations

Les consultations à l'initiative du président Touadéra ont suscité d'autres tensions. « Le gouvernement ne veut pas discuter des préalables comme les conditions de cantonnement de nos éléments. On ne peut pas cantonner les gens sans les nourrir et les protéger », s'emporte un cadre de l'UPC.

La somme des frustrations accumulées semble avoir un effet rassembleur chez les ex-Seleka. Les quatre branches nées de l'éclatement du mouvement envisagent de réunifier très prochainement leurs appareils militaires et de remettre sur pied une chaîne de commandement unique.

« Le maintien de Sangaris aurait dissuadé beaucoup de velléités », commente pour sa part un autre protagoniste qui voit dans la récente confirmation du retrait des troupes françaises un motif de soulagement chez les chefs de guerre.

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