Sénégal: le cri d’alerte d’un ancien ministre contre un trafic illégal de bois

Au Sénégal, c'est une véritable alerte que vient de lancer l'écologiste et ancien ministre de l'Ecologie Haïdar el-Ali.
© RFI/Carine Frenk

Au Sénégal, c'est une véritable alerte que vient de lancer l'écologiste et ancien ministre de l'Ecologie Haïdar el-Ali. En Casamance, dans la zone frontalière avec la Gambie, un trafic illégal de bois précieux est en train de détruire une forêt, essentielle dans cette zone sahélienne. Du bois coupé au Sénégal et exporté illégalement vers la Gambie.

Plus que des discours, ce sont des images qu'Haïdar el-Ali a présentées. Des images filmées avec un drone : le survol d'un village gambien transformé en scierie géante. L'écologiste commente : « Des centaines de milliers de troncs, pillés, hélas, avec le fait que le gouvernement sénégalais ne met pas les moyens pour surveiller le Medina-Yorofoula. Les Chinois installés en Gambie pillent et souillent notre pays. »

Au Sénégal, la coupe du bois de vène, un bois très prisé en Asie, est interdite. Ce juteux business dévastateur (25% des 40 000 hectares de cette forêt ont disparu en 5 ans) s'amplifie, à tel point que des jeunes partis travailler en Europe reviennent au pays comme l'explique Abdoulaye, qui vit dans la zone frontalière : « En Europe, actuellement, il n’y a pas de travail. Donc ils viennent ici pour couper les arbres. Tout le monde est inclus dedans, c’est un business. »

Haïdar el-Ali accuse la compagnie gambienne Westwood, compagnie très proche du pouvoir gambien et seule habiliter à délivrer des autorisations d'exportation de bois, d'être une pièce maîtresse de ce trafic illégal. L'ancien ministre de l'Ecologie estime qu'il faut peu de moyens pour mettre un terme à ce trafic. « Moi, aujourd’hui, je dis : si on me donne trois pick-up, une autorisation, ce trafic va cesser au bout de trois mois. Il faut agir. »

Haïdar el-Ali estime qu'au rythme actuel, dans deux ans, la déforestation importante sera irréversible et que cette zone de la Casamance deviendra un désert, obligeant les populations à quitter le terrain.

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