Guinée-Bissau: marge de manœuvre réduite du nouveau Premier ministre

Le palais présidentiel vu du siège du PAIGC, à Bissau.
© RFI/Carine Frenk

En Guinée-Bissau, le nouveau Premier ministre, qui avait déjà exercé des fonctions ministérielles par le passé, est fortement contesté. Baciro Dja a prêté serment, vendredi 27 mai, à Bissau, la capitale. Une investiture sous haute protection policière, en présence notamment du chef de l'Etat, Jose Mario Vaz. Officiellement, le Premier ministre est donc en place mais, dans les bureaux de la primature, la contestation persiste.

Le nouveau Premier ministre doit diriger un gouvernement d’une trentaine de membres avec le Parti de la Rénovation sociale, son allié de circonstance qui occupe des postes clés. Dans ce mariage contre nature, Baciro Dja aura-t-il une grande marge de manœuvre pour appliquer un programme taillé sur mesure ?

Exclu du PAIGC, parti au pouvoir, avec quatorze autres députés, le nouveau Premier ministre doit aussi faire face à la fronde de ses anciens camarades du parti qui estiment que son choix incombait au parti, conformément à la Constitution, et non au président.

Il est vrai que la Guinée-Bissau, c’est avant tout l’histoire d’un parti politico-militaire, le PAIGC. Ce parti où les clivages sont très vivaces n’imagine pas un seul instant de se passer de l’influence militaire dans sa lutte pour le pouvoir.

Cette toile de fond permet de comprendre que le problème bissau-guinéen n’est, au fond, rien d’autre qu’une lutte de pouvoir pour contrôler les maigres richesses du pays.

Le gouvernement frondeur barricadé

Le gouvernement de l’ex-Premier ministre, Carlos Correia, limogé le 12 mai par le président José Mario Vaz, fait de la résistance. Ses membres se sont barricadés, depuis vendredi, au palais gouvernemental dans un bâtiment administratif de la capitale abritant plusieurs ministères.

Joint par RFI, João Bernardo Vieira, secrétaire d’Etat aux transports et à la communication du gouvernement frondeur, et porte-parole du PAIGC, explique les motifs de cette action.

« Le gouvernement est barricadé ici. Nous défendons la démocratie. Notre parti, le PAIGC, a gagné l'élection et nous ne comprenons pas pourquoi le président veut nous voler cette victoire. Il y a donc tous les membres du gouvernement et des membres du parlement, des députés du PAIGC mais aussi du PCD, le parti de la convergence démocratique qui nous témoigne sa solidarité », a déclaré João Bernardo Vieira avant d'ajouter que la prolongation de leur action n'est pas à exclure.

« Chaque ministre a son bureau mais il y a une grande pièce où se tiennent normalement les conseils des ministres. C'est là que nous sommes réunis la plupart du temps pour définir notre stratégie et prendre les décisions. La police est là pour assurer notre sécurité et jusqu'à présent personne n'a essayé de nous pousser dehors. C'est le deuxième jour que nous passons ici et nous allons rester aussi longtemps que nécessaire pour défendre la démocratie », a tenu à préciser le porte-parole du PAIGC.

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