Mauritanie: le président Ould Abdel Aziz dément convoiter un troisième mandat

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz.
© LINTAO ZHANG / POOL / AFP

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a démenti cette semaine vouloir réviser la constitution pour s’ouvrir la voie vers un troisième mandat. Une mise au point susceptible de calmer le jeu à quelques jours de la tenue d’un dialogue national entre le pouvoir et l’opposition.

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a tenté cette semaine de mettre fin à la polémique autour de son hypothétique troisième mandat. « Je n’ai jamais dit, à aucun moment, que j’allai modifier la Constitution pour me représenter. J’ai fait deux serments pour la respecter. Ils sont plus forts que ce que je dirai à l’avenir », a-t-il démenti dans une interview à des médias internationaux.

Fin mars, plusieurs ministres avaient provoqué l’ire de l’opposition en déclarant que le chef de l’Etat méritait de rester au pouvoir. Puis le 3 mai, l’intéressé avait annoncé un dialogue national prévu en juin et durant lequel il proposerait un référendum constitutionnel pour supprimer le Sénat. Un prétexte, accusait alors ses opposants, pour faire sauter la limitation constitutionnelle à deux mandats.

Cette mise au point pourrait permettre d'apaiser le climat politique dans le pays, alors que la nouvelle et énième tentative de dialogue entre pouvoir et opposition devrait se tenir dans les jours à venir. Le parti au pouvoir estime qu'avec cette clarification, l'opposition n'a plus de raison de boycotter cette concertation.

Certains partis de l'opposition dite modérée, comme l'Alliance populaire progressiste (APP) d'Ould Boulkheir, ont d'ailleurs déjà annoncé leur venue. En revanche, le Front national pour la démocratie et l’unité (FNDU), la principale plateforme de l'opposition, n'y prendra pas part.

Engagé de longue date dans des tractations autour de la préparation du dialogue, le FNDU avait rompu en mars tout contact avec les émissaires du pouvoir suite aux déclarations des ministres en faveur d'un troisième mandat.

« La mise au point du chef de l'Etat va dans le bon sens, car elle rend possible une reprise de contact », souligne Mohamed Ould Maouloud, un des leaders du FNDU. « Mais si nous sommes prêts à discuter de la tenue d'un dialogue sérieux, nous refusons toujours de participer à un processus décidé unilatéralement par Ould Abdel Aziz », prévient-il.
 

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