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Rwanda RDC

RDC-Rwanda: scission au sein des FDLR

Le leader des rebelles hutus des FDLR, Victor Byiringiro, en mai 2014 en RDC.
© Jean Baptiste Badhera / AFP

Des membres des Forces démocratiques de libération du Rwanda ont décidé de quitter la rébellion hutue pour créer leur propre mouvement, le Conseil national pour le renouveau et la démocratie. Cette décision, notamment motivée par une attaque des FDLR, responsable de la mort de cinq personnes, le week-end dernier, entérine l’opposition entre le chef des rebelles, Victor Byiringiro, et son vice-président, Wilson Irategeka.

Une scission au sein des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) a donné lieu à la création d’un nouveau mouvement, le Conseil national pour le renouveau et la démocratie. Des officiers, comme le colonel et deuxième vice-président, Wilson Irategeka, ont décidé de quitter la rébellion hutue rwandaise, basée en RDC, suite à une attaque des FDLR ayant fait cinq morts le week-end dernier. Le torchon brûlait depuis plusieurs mois entre le président Victor Byiringiro et son vice-président.

Une nouvelle génération, plus politique, face à une vieille garde pour qui, depuis vingt ans, rien ne doit changer, à part le régime à Kigali. C’est le constat émis depuis toujours par des observateurs rwandais comme étrangers pour expliquer les dissensions qui existaient déjà au sein des FDLR.

Parmi les membres de ce CNRD, certains estimaient même qu'il faudrait se séparer de l'une des figures des rebelles hutus rwandais, le général Mudacumura, recherché pour crimes de génocide au Rwanda et crimes de guerre au Congo.

« Irategeka est instrumentalisé »

Plus récemment, c'est le principe de recensement biométrique des réfugiés rwandais qui aurait opposé le colonel Irategeka, favorable à cette disposition, à son président, qui aurait décidé de le suspendre du mouvement. « Irategeka est instrumentalisé par la communauté internationale ou pire par le Rwanda », affirme un cadre FDLR. « Il n'y  a pas d'hostilité entre les deux groupes », assure un autre.

Mais au CNRD, on cherche à se démarquer. « Nous ne sommes pas des FDLR, mais de simples réfugiés rwandais », insiste le porte-parole du mouvement qui avance pourtant les mêmes revendications que les FDLR, le retour au Rwanda dans la dignité et un dialogue politique avec Kigali.

Reste à savoir l'ampleur de cette scission. Très peu parmi la hiérarchie connue des FDLR a rejoint ce nouveau groupe, mais il compte quelques commandants de terrain influents et notamment au Sud-Kivu. Du côté des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), on estime que cette scission est le résultat de la pression exercée depuis des mois par l'armée congolaise. Et on appelle le CNRD à déposer les armes.

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