Burundi: des lycéens incarcérés pour avoir dégradé des photos du président

Bujumbura, le 3 février 2016. Au Burundi, le cycle de violences et de répression n'en finit pas et n'épargne pas les collégiens et lycéens.
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimama

La terrible répression qui frappe le Burundi depuis que le président Pierre Nkurunziza a décidé de briguer un troisième mandat, vise désormais les collégiens et lycéens. Nombre d’entre eux ont été accusé d’avoir « abîmé » des manuels scolaires en gribouillant les photos du chef de l’Etat. Après que plus de 300 collégiens de huitième année ont été chassés de leur école dans le sud de la capitale Bujumbura pour de tels actes, le pouvoir a décidé de sévir plus durement encore en voyant les cas se multiplier dans la ville de Muramvya. Plus personne ne rit face à ces sanctions disproportionnées alors que plusieurs élèves ont été incarcérés et d'autres blessés, dans cette province du centre du pays.

Muramvya est sous le choc, après l'incarcération de ces jeunes lycéens, cinq filles et six garçons âgés de 14 à 19 ans, pour « outrage à chef d'Etat ». Tout a commencé jeudi matin lorsque les très redoutés SNR, les services secrets burundais qui dépendent directement du président, ont décidé de frapper fort pour tenter d'enrayer la multiplication dans les écoles du pays des cas de dégradation observés sur les photos du président Pierre Nkurunziza qui se trouvent dans des manuels scolaires.

Les agents du service national de renseignement ont interpellé une vingtaine d'élèves dans quatre établissements de la ville de Muramvya, au centre du Burundi, et dans ses environs. Immédiatement après les premières arrestations menées au lycée communal de Muranvya, des centaines de lycéens sur les 1 400 que compte cet établissement ont manifesté pour réclamer la libération de leurs camarades, selon des témoins.

Des policiers affectés aux services secrets ont alors tiré, blessant deux lycéens et un motard qui passait par hasard. Puis les choses sont allées très vite. La vingtaine de lycéens interpellés ont été entendus au parquet de Muramvya avant d'être inculpés d’« outrage à chef d'Etat », qui est passible de cinq à dix ans de prison au Burundi.

Un parent d'élève qui a vu sa fille d'à peine quinze ans entrer dans la sinistre prison centrale de Muramvya se demandait « pourquoi elle », car dit-il, ces manuels étaient utilisés collectivement.

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