Guinée-Bissau: 3 médiateurs de la Cédéao pour résoudre la crise politique

Une semaine après la nomination d’un nouveau gouvernement, le Premier ministre Baciro Dja ne peut pas accéder au palais du gouvernement occupé par des militants du PAIGC.
© Facebook de Baciro Dja

En Guinée-Bissau, la crise institutionnelle est toujours aussi profonde. Une semaine après la nomination d’un nouveau gouvernement, le Premier ministre Baciro Dja n’est pas en mesure de prendre ses fonctions. Plusieurs militants du PAIGC contestent en effet sa nomination par le président José Mario Vaz. Ses militants ont décidé de rester au palais du gouvernement tant qu'aucune alternative n'est proposée. La Cédéao a désigné ce week-end trois médiateurs – les chefs d'Etat du Sénégal, du Libéria et de la Guinée – pour résoudre ce blocage politique et institutionnel.

Depuis quelques jours, plusieurs militants du PAIGC et l’ancien Premier ministre déchu de ses fonctions campent dans le palais du gouvernement. Certains témoins décrivent des barricades, qui ont été érigées pour encercler le bâtiment administratif. De fait, le nouveau Premier ministre Baciro Dja ne peut pas accéder à son bureau et se mettre au travail.

« Personne ne sort du palais du gouvernement tant que les trois médiateurs mandatés par la Cédéao ne sont pas sur place », tonne l’un des protestataires. « On a un parti et 15 députés qui font la loi », renchérit un autre responsable du PAIGC, qui parle de « coup institutionnel », et conteste la nomination du nouveau Premier ministre.

Baciro Dja dénonce une volonté de diviser

Dans un entretien accordé à un média sénégalais ce dimanche 5 juin, Baciro Dja considère que cette crise est due au clientélisme développé par l’ancien Premier ministre et chef du PAIGC, Domingos Pereira, qui selon lui, « n’est pas un rassembleur » et crée des « divisions dans le parti au pouvoir ». « Je suis Premier ministre parce qu’il y a une nouvelle majorité à l’Assemblée », insiste-t-il, tout en dénonçant une stratégie relevant du « désordre social ».

Outre les questions de leadership au sein même du PAIGC, les médiateurs désignés par la Cédéao devront plancher sur des questions de type institutionnel. L’organisation régionale prône notamment une solution : réviser la Constitution afin de donner plus de prérogatives au président. Une condition sine qua non, selon elle, pour rétablir la stabilité dans le pays.