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Afrique du Sud

La médiatrice de la République saisie pour enquêter sur la famille Gupta

La médiatrice de la République,Thuli Madonsela.
© AFP PHOTO / STRINGER = SOUTH AFRICA OUT =

La médiatrice de la République pourrait enquêter sur la famille Gupta, cette riche famille d'origine indienne accusée d'influencer le président Jacob Zuma. Lors d'une conférence de presse mardi 7 juin, la médiatrice - chargée entre autres de veiller sur les fonds publics - a confirmé qu'on lui avait demandé d'enquêter sur l'influence de cette famille sur le gouvernement, mais qu'elle manque de fonds.

L'affaire a éclaté il y a quelques mois. Un ministre adjoint avait alors révélé que la famille Gupta lui avait proposé le poste de ministre des Finances. Ce qui avait aussitôt relancé la polémique autour de cette famille, accusée d'exercer une influence directe sur le président Jacob Zuma.

Face au scandale, l'ANC, le parti au pouvoir, avait promis une enquête, mais l'affaire très sensible a depuis été abandonnée. Il faut dire que plusieurs membres de la famille Zuma travaillent pour les Gupta. C'est désormais la médiatrice de la République Thuli Madonsela qui a été saisie.

« Il nous a été demandé d'enquêter sur le gouvernement et plus particulièrement sur le président, à savoir s'il a illégalement permis à la famille Gupta de pouvoir choisir les ministres du gouvernement et de hauts fonctionnaires. On nous a également demandé d'enquêter sur si des contrats publiques auraient été illégalement attribués à des entreprises détenues par les Gupta. »

Madonsela a toutefois ajouté que son bureau avait demandé des fonds supplémentaires pour mener l'enquête, et qu'ils n'avaient toujours pas eu de réponse du gouvernement. Le mandat de la médiatrice s'achève dans quatre mois, au mois d'octobre.

Qui va succéder à Thuli Madonsela ? 

Le gouvernement cherche des candidats pour remplacer la très renommée médiatrice de la République chargée de veiller sur les deniers publics. Thuli Madonsela est celle qui a enquêté sur le scandale Nkandla, c'est-à-dire l'utilisation de fonds publics pour financer la résidence privée du chef de l'Etat.

Thuli Madonsela a placé la barre très haute. Elle est devenue le symbole de la lutte contre la corruption et l'abus de pouvoir, notamment après avoir épinglé le président Jacob Zuma, accusé d'utiliser de l'argent public pour rénover sa résidence privée.

Désormais les candidatures à sa succession sont ouvertes. Il faut être au minimum juge à la Haute Cour. Thuli Madonsela n'a pas voulu se prononcer sur un quelconque successeur : « Les gens me demandent souvent qui je verrais comme mon successeur, certains me suggèrent même des noms. Mais je pense que si je devais soutenir telle ou telle personne, je lui grillerais toutes ses chances. Et donc je préfère me taire. Cependant, si l'on regarde les organisations qui ont fonctionné sur la durée, ce sont toutes des organisations où la succession a été bien organisée et où le numéro 2 a été nommé ».

Alors que le chef de l'Etat est rattrapé par des scandales, l'opposition a émis des doutes quant à l'indépendance du prochain médiateur de la République. Mais pour Thuli Madonsela, il n'y a pas d'inquiétude à avoir : « J'ose espérer que les hommes politiques passent des lois et nomment des gens tout en étant conscients que ces personnes doivent pouvoir faire leur travail indépendamment de qui les a nommés ».

Une petite phrase destinée au président Jacob Zuma qui a lui-même nommé Thuli Madonsela.

A (RE)LIRE → Afrique du Sud: l’éloignement de la famille Gupta

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