Soudan du Sud: couac autour de la mise sur pied du tribunal international

Le président sud-soudanais Salva Kiir et son vice-président Riek Machar, ici au palais présidentiel de Juba, le 26 avril 2016.
© REUTERS/Stringer

Au Soudan du Sud, la future cour internationale qui doit juger les crimes de guerre suscite le débat. Le tribunal, relevant à la fois de l’Union africaine et du gouvernement sud-soudanais, est prévu par l’accord de paix signé en août 2015. Mais dans l’entourage du président Salva Kiir, cette juridiction ne fait pas l’unanimité, selon les révélations d’un article paru dans un célèbre journal américain.

Pour une bourde, c’en était une. Le New York Times a publié en début de semaine un texte du président Salva Kiir et du vice-président Riek Machar expliquant qu’un tribunal international desservirait la cause de la paix au Soudan du Sud ; une commission Vérité et réconciliation suffirait à raccommoder les frères ennemis.

Tout de suite, un porte-parole de Riek Machar crie au faux : il explique sur Facebook que le vice-président n’est pas le co-auteur de cet article, d’autant qu’il ne partage pas ce point de vue. Un conseiller présidentiel finira par dire sur une radio locale, à Juba, que le document a été rédigé par le cabinet du président.

L’histoire est peut-être cocasse, mais pour les défenseurs des droits de l’homme comme Biel Boutros Biel, elle est surtout inquiétante, car le tribunal est prévu par l’accord de paix que les deux parties ont signé en août. « Ce n’est pas à eux de dire si c’est bien ou non, ils sont tenus de mettre sur pied un tribunal aux termes de l’accord de paix. Ne pas le faire reviendrait à violer cette entente. Et, si elle peut être violée de la sorte, cela reviendrait à dire qu’elle ne sert pas à grand-chose… L’avis de ces deux hommes importe peu ; ils se sont déjà engagés à mettre en œuvre l’accord de paix. »

Le New York Times a reconnu son erreur, avouant ne pas avoir vérifié l’authenticité du document, qui leur était parvenu par voie officielle, auprès des deux coauteurs.