Tunisie: 50 000 dossiers de victimes de la dictature à traiter

L'ancien président Ben Ali devant ses partisans en 2009.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

En Tunisie, les victimes de la dictature de Ben Ali et du régime de Habib Bourguiba ont jusqu’à ce mercredi pour déposer un dossier auprès de l’instance Vérité et dignité. Cette institution est chargée de faire la lumière sur les crimes et les violations des droits de l’homme et des droits économiques et sociaux de 1955 jusqu’à 2013. A ce jour, près de 50 000 victimes ont déposé un dossier. Mais il ne reste plus que deux ans à l’instance pour tous les traiter. Une tâche titanesque, dans un contexte où les partis majoritaires en Tunisie préfèrent tourner la page plutôt que de soutenir la recherche de la vérité.

En 2011, la veille de la chute de Ben Ali, Sofien Farhani a perdu son frère sous les balles d’un agent des forces de sécurité. Aujourd’hui, il milite pour que les Tunisiens connaissent les crimes de la dictature : « On la connaît la vérité, nous, en tant que famille de martyr mais concernant le peuple tunisien, il faut se battre. »

Comme sa famille, près de 50 000 personnes ont déposé un dossier auprès de l’instance Vérité et dignité. Aujourd’hui, sa présidente Sihem Ben Sedrine assure que tous seront traités à temps malgré les réticences de responsables politiques : « Le bombardement n’a jamais cessé de la part de ceux qui ne souhaitent pas que ce processus existe et qu’il y ait une confrontation par rapport à ce passé. Nous recherchons les crimes de système, pas des règlements de compte à des individus en particulier. »

Eviter de tourner la page

Le gouvernement prépare en ce moment un projet de loi pour amnistier des coupables de corruption s’ils payent une indemnité à l’Etat. Pour Antonio Manganella, d’Avocat sans frontières, cela revient à tourner la page de la dictature sans la lire : « Donner un blanc-seing et une amnistie générale aux hauts fonctionnaires qui ont contribué à ce que la Tunisie soit une dictature, pour nous, est incompréhensible. »

 ► A (RE)ECOUTER : Tunisie: la nostalgie de la période Ben Ali expliquée par Vincent Geisser (Invité Afrique)

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