Les journalistes malgaches inquiets pour leur liberté d'expression

Un kiosque à journaux d'Antananarivo.
© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Une centaine de journalistes et quelques membres du collectif citoyen «Wake Up Madagascar» ont manifesté vendredi 17 juin devant l’Assemblée nationale. Depuis plus de quinze ans, les médias demandent la modernisation du code de la communication qui date de 1991. Alors qu’un nouveau code de la communication est enfin à l’étude au Parlement, ils ont exprimé leurs inquiétudes.

Une première version du texte faisant consensus avait été établie l’année dernière, mais le gouvernement a apporté des modifications de dernière minute dans le projet de loi. Modifications jugées « liberticides » et répressives par les journalistes qui demandent à ce que les délits de presse ne soient plus passibles d’emprisonnement.

Parmi la centaine de journalistes réunis devant l’Assemblée nationale, plusieurs avaient scotché leur bouche pour symboliser ce qu’ils considèrent comme une atteinte à la liberté de la presse. En particulier, l’article 20 de la loi sur la cybercriminalité qui devait être abrogé. Mais après intervention du gouvernement, il ne l’est plus.

« Cette loi sur la cybercriminalité est liberticide parce qu'il envisage l'emprisonnement des journalistes et tout citoyen qui injure et diffame le régime ou un fonctionnaire de l'Etat », dit Fetra Rakotondrasoa, journaliste de la chaine d’opposition Viva.

Formation plutôt que répression, demandent les journalistes

Les journalistes ne veulent plus de ces peines de prison car ils craignent des abus de la part des autorités, comme l’explique Lova Rabary, rédactrice en chef de L’Express de Madagascar : « Il suffit de dire quelque chose qui pourrait ne pas plaire aux autorités pour que l'on soit traîné devant la justice, accusé de diffamation. »

Et pour Fetra Rakotondrasoa, la répression n’est pas la solution pour éviter les cas de diffamation qui pullulent dans les médias malgaches. « Ce n'est pas en faisant une loi qui emprisonne les journalistes que cela va professionnaliser ce métier. Il faut es formations pour améliorer le métier », estime-t-il.

Les journalistes sont sortis satisfaits d’une rencontre avec le président de l’Assemblée nationale, mais promettent de ne pas relâcher leur mobilisation.

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