Congo-Brazzaville: la garde à vue du journaliste de TV5 Monde, «un malentendu»

Un centre de réfugiés à Bétou, au Congo-Brazzaville, photographié le 21 mai 2010.
© AFP PHOTO/LAUDES MARTIAL MBON

Un journaliste de TV5 Monde placé en garde à vue samedi 18 juin dans le nord du Congo a été libéré aujourd'hui par les autorités policières locales, qui l'ont exhorté à regagner Brazzaville.

Ce journaliste, Alain Shungu, ses confrères Maixent Foukou de Digital radio télévision (DRTV, chaîne locale privée proche du pouvoir) et Flavien Banzounzi (caméraman freelance) ont été gardés à vue par la police de Bétou (localité à 1 000 km au nord-est de Brazzaville) dans la nuit de samedi à dimanche, sans que le motif de leur arrestation ne leur soit signifié.

Alain Shungu était venu à Bétou avec les deux autres confrères pour faire des reportages sur les réfugiés centrafricains et congolais, nombreux dans cette zone proche de la frontière. Les journalistes étaient convoyés par le Programme des Nations uies pour la population, à l'occasion de la Journée internationale pour les réfugiés, ce 20 juin. Mais la mission a tourné court. Motif officiel de leur arrestation : une vérification des raisons de leur présence dans la région. 

Le ministre congolais de la Communication Thierry Moungalla, évoque un « malentendu ».

Il n’y a pas eu à proprement parler d’interpellation, il y a eu manifestement un malentendu entre les journalistes qui étaient venus en délégation dans un district de l’extrême nord et traditionnellement il est entendu que tout mouvement qui se ferait surtout dans des endroits aussi sensibles qu’une frontière avec la RCA… eh bien, il est de bon ton que les autorités administratives soient prévenues (...)Le district c’est le district, et il y a un département et le responsable du département, c’est le préfet du département. Maintenant, la question relève plus des échanges suite à un malentendu que d’une volonté particulièrement d’interpeller monsieur Shungu à qui, semble-t-il, rien n’est reproché.

Thierry Moungalla, ministre congolais de la Communication
19-06-2016 - Par Carine Frenk

Alain Shungu assure de son côté qu'aucun motif clair ne lui a été signifié pour cette interpellation et qu'il était en règle à Bétou. Dimanche soir, il se trouvait avec ses deux confrères dans un hôtel à Impfondo. En semi-liberté, selon le journaliste, qui affirmait qu'ils pouvaient se déplacer, mais qu'ils étaient sous surveillance policière, ajoutant que leurs papiers et leur matériel avaient été confisqués. Ils devraient prendre un avion pour Brazzaville ce lundi 20 juin.

Depuis 2010, plusieurs vagues de personnes fuyant des conflits en Centrafrique ou en RDC ont trouvé refuge à Bétou. Ancien correspondant de RFI et de la chaîne africaine 3A Télésud, Alain Shungu est également directeur d'Équateur services, chaîne de télévision privée proche du pouvoir de Brazzaville.

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