Au Niger, une personne sur trois est déplacée, fuyant les attaques de Boko Haram

La localité de Bosso, située dans la région de Diffa, dans le sud-est du Niger, le 27 mai 2015.
© AFP/ISSOUF SANOGO

A l'occasion de la journée mondiale des réfugiés, organisée par l'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), RFI vous propose de faire le point sur la situation mondiale. Dans le sud-est du Niger, près de 300 000 réfugiés et déplacés sont recensés, sans compter les nombreuses personnes accueillies par des familles. La situation ne devrait pas s’améliorer, puisque les combattants insurgés de Boko Haram renouent avec les attaques d’envergure. Dernière en date : le 3 juin à Bosso, une ville au bord du lac Tchad, poussant 50 000 civils à fuir.

Le constat est sans appel : dans le sud-est du Niger, une personne sur trois est déplacée forcée. Les premières vagues de réfugiés sont arrivées du Nigeria il y a deux ans. Mais depuis avril 2015, les incursions sanglantes et répétées des insurgés côté Niger ont provoqué d’importants déplacements de populations. Une multitude de camps informels longent désormais le goudron de la route nationale.

Les Nigériens ont déserté leurs villages et les zones fertiles de la région. Conséquence : ils ont donc perdu toute autonomie et dépendent de l’aide pour survivre. Les équipes d’humanitaires distribuent des vivres, de l’eau et des abris, mais leurs effectifs sont restreints. Les agences peinent à recruter pour des missions de soutien aux réfugiés établis dans cette région dangereuse et aux conditions climatiques difficiles.

Il y a quinze jours, les familles de Bosso ont fui à pied l’attaque meurtrière de Boko Haram sur leur ville, sous une chaleur accablante. Celles qui se sont réfugiées au camp de Nguagam ont de nouveau eu peur pour leur vie jeudi 16 juin à la tombée de la nuit, lorsque leur camp a été attaqué par des hommes en armes qui se sont livrés à des pillages. Les défis sont donc légion dans cette région pauvre, alors que s’ouvre la saison des pluies avec son lot d’épidémies.