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Afrique du Sud

Violences dans les townships de Pretoria à l'approche des municipales

La carcasse d'un bus calcinée utilisée comme barricade par les protestataires à Atteridgeville, un township de l'ouest de Pretoria, le 21 juin 2016.
© REUTERS/Siphiwe Sibeko

A six semaines des municipales, la tension monte en Afrique du Sud. Des violences ont éclaté dans la municipalité de Tshwane, qui englobe Pretoria. Depuis lundi, des heurts sérieux ont éclaté dans plusieurs townships. Des incidents qui semblent être liés aux choix des candidats du parti au pouvoir, l'ANC, pour les élections du 3 août. Mardi après-midi, la situation était sous contrôle, mais encore très tendue.

Atterridge, Mamelodi Winterveldt, Soshanguve… Les heurts se sont propagés depuis lundi. Une vingtaine de bus ont été brûlés, des routes barricadées, la police s'est déployée dans ces différents townships. Les violences ont éclaté lundi après l'annonce par l'ANC (Congrès national africain) de son candidat aux élections municipales.

Des habitants mécontents du candidat choisi sont descendus dans les rues. Ils accusent le parti au pouvoir d'avoir parachuté quelqu'un de l'extérieur. Pour Zizi Kodwa, porte-parole du parti au pouvoir, ce genre de factionnalisme est inacceptable. « Personne n'a été imposé, assure-t-il. Notre candidate Thoko vit à Tshwane, elle y réside depuis 21 ans. Le débat ne devrait même exister au sein de l'ANC et doit être rejeté par tous les Sud-Africains. On ne peut pas nous dire qu'un Zulu, un Xhosa, un Pedi, ne peut pas diriger cette municipalité parce qu'il ou elle vient d'ailleurs. C'est de la politique du passé. »

Selon Prince Mashele, analyste politique, l'ANC a tenté d'imposer un candidat neutre à Tshwane pour mettre fin aux luttes entre factions qui risquent de lui faire perdre les élections. « L'ANC est rongé par trois choses : le factionnalisme, la corruption et le manque de dirigeants crédibles. Si vous prenez Tshwane, le maire sortant et son adjoint étaient au coude-à-coude. Et les deux factions qui les soutiennent ne s'entendent pas. Donc oui, il y a division au sein de l'ANC à Tshwane », confirme-t-il.

L'ANC divisé ?

L'ANC dément : il n'y a pas de division au sein du parti au pouvoir à Tshwane, estime Gwede Mantashe, le secrétaire général de l’ANC. Les violences qui ont éclaté dans plusieurs townships sont d'ordres criminels.

La municipalité de Tshwane est très convoitée, selon l'analyste politique Ivor Sarakinsky, car elle gère beaucoup d'argent. « Il s'agit vraiment de politique locale, de lutte pour l'accès aux ressources et du système de patronage qui va avec. Le salaire d'un conseiller municipal est l’un des plus élevés au niveau local. Le poste de maire est très prestigieux et il contrôle d'importantes ressources financières. Donc la lutte est vraiment entre deux factions qui veulent contrôler cette manne », explique-t-il.

En tout cas, selon plusieurs sondages récents, les élections seront particulièrement serrées dans plusieurs grandes villes, dont Johannesburg, Port Elizabeth et Pretoria. Et ces divisions n'arrangent rien.

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