RDC: le général Kanyama sanctionné par les Etats-Unis

Vue de Kinshasa, capitale de la RDC.
© Wikimedia/Moyogo

Les Etats-Unis ont annoncé ce jeudi 23 juin des sanctions à l'encontre du chef de la police de Kinshasa. Le général Célestin Kanyama est accusé d'être impliqué dans des violences contre des civils. Il est désormais dans le viseur du Trésor américain.

Les Etats-Unis veulent envoyer un message clair : ils condamnent les violences contre les civils en République démocratique du Congo. Des arrestations, des manifestations dispersées brutalement, des enlèvements qui se multiplient depuis quelques mois. C'est la première mesure du genre contre un haut responsable de la sécurité en RDC. Le gouvernement américain reproche au général Kanyama d'être impliqué dans des violences contre des civils. Ses avoirs aux Etats-Unis sont donc gelés et les Américains n'ont plus le droit d'effectuer la moindre transaction avec le chef de la police de Kinshasa.

L'envoyé spécial pour la région des Grands Lacs précise que ce n'est pas une surprise : depuis des mois, nous laissons entendre que des sanctions sont possibles. Tom Perriello estime que les Etats-Unis ont laissé suffisamment de temps aux personnalités impliquées dans des violences pour changer de voie.

Répression grandissante à l'approche de la présidentielle

Il précise bien qu'il s'agit de mesures contre une seule personne, mais le gouvernement américain rappelle que le climat se dégrade en République démocratique du Congo. Selon le Trésor américain, le régime Kabila s'est engagé dans un schéma de répression à l'approche de la fin du mandat du président, et ce pour éviter d'organiser les élections. En principe, la présidentielle doit se tenir avant la fin de l'année et Joseph Kabila est censé quitter le pouvoir puisqu’il a déjà effectué les deux mandats autorisés par la Constitution.

Et une fois de plus, le gouvernement américain se dit très préoccupé par le retard accumulé dans le processus électoral. Il faut absolument que les élections puissent avoir lieu, a rappelé jeudi soir l'envoyé spécial pour la région des Grands Lacs, et surtout qu'elles se déroulent dans un climat serein. Tom Perriello ne dit pas si d'autres hauts responsables seront bientôt visés à leur tour par des sanctions, mais il explique qu'il s'agit d'un signal fort : il y aura des conséquences si la situation évolue dans la mauvaise direction.

Condamnation de Kinshasa

Le gouvernement de la RDC a condamné cette décision. « Le gouvernement de la RDC condamne cette décision de l’administration américaine, parce qu’elle relève d’une substitution de souveraineté totalement inacceptable de la part de l’administration des Etats-Unis, a déclaré Lambert Mendé, le porte-parole du gouvernement congolais. Et l’ambassadeur Kikaya Bin Karubi, conseillé principal du chef de l’Etat en matière de diplomatie, est en route pour Washington pour pouvoir communiquer cette opposition à nos partenaires américains, et il leur parlera avec tous nos autres partenaires. Parce qu’il n’est pas question que quelqu’un puisse se permettre de gérer nos services, qu’ils soient de police, de l’administration ou de l’armée à la place du gouvernement légitime de la République démocratique du Congo, surtout en matière de sanctions. »

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