Scandale Nkandla: la Cour constitutionnelle valide le montant du remboursement

Un appel aux dons a été lancé pour aider Jacob Zuma à rembourser les 450000 euros qu'il doit à l'Etat.
© REUTERS/Siphiwe Sibeko/File Photo

Le président sud-africain Jacob Zuma a désormais 45 jours pour verser 450 000 euros à l'Etat, en remboursement d’une partie de l’argent public utilisé pour rénover sa résidence privée, Nkandla. La Cour constitutionnelle a donné ce mardi 28 juin son aval à ce montant calculé par le ministre des Finances.

L’opposition regrette que la somme réclamée à Jacob Zuma ne soit pas plus importante. Pour l'Alliance démocratique, le chef de l'Etat doit rembourser la totalité des travaux de rénovation qui ne sont pas liés à sa sécurité, soit 3,5 millions d’euros, selon leurs calculs.

Le principal parti d'opposition affirme donc que l'affaire n'est pas terminée. Le président Zuma doit encore répondre de ses actes devant la justice, notamment pour avoir enfreint la Constitution en refusant initialement de rembourser.

Un avis que partage le parti radical de Julius Malema. Pour son porte-parole, Mbuyiseni Ndlozi, le ministère des Finances a été indulgent envers le chef de l'Etat : « Pour déterminer un montant "raisonnable", ils auraient dû prendre en compte le fait que Zuma a d’abord refusé de rembourser tout argent. Et qu'en faisant cela, il a miné l'autorité de la médiatrice de la République. Il a dû être contraint à accepter ce jugement, il n'y a pas eu repentance de sa part. Donc, je trouve qu'ils ont été très indulgents à son égard. »

Les Combattants pour la liberté économique mettent en garde : ils vont continuer à demander la destitution de Jacob Zuma. De son côté, l'ANC affirme que le président va rembourser et que l'affaire est donc close.

Lancement d’un appel aux dons

Reste encore à savoir comment. Selon plusieurs analystes politiques, la somme représente l'équivalent de trois ans de salaire pour le chef de l'Etat. Il y a quelque mois, un des hauts cadres du parti au pouvoir avait évoqué la possibilité d'une collecte parmi les membres de l'ANC.

Ce mardi 28 juin, l'ANC du Kwazulu Natal, la région d'origine du président, a appelé aux dons. « Nous ne nous opposons pas à ce que les gens fassent une contribution volontaire pour aider le président de l'ANC à payer une partie de ses frais de rénovation liés à sa sécurité. Quand la Cour a spécifié que le chef de l'Etat devait personnellement rembourser cet argent, elle n'a pas précisé qu'il ne pouvait pas utiliser de l'argent qui lui avait été donné. Après tout, cet argent, s'il lui est donné, lui appartient », fait valoir Mdumiseni Ntuli, le porte-parole de l'ANC du Kwazulu Natal.

La présidence a toutefois nié qu'un compte avait été ouvert pour collecter des dons. Elle a aussi mis en garde contre toute escroquerie, affirmant que plusieurs faux appels aux dons circulent déjà sur les réseaux sociaux.


« La politique de l'estomac »

Malgré l'ampleur du scandale, les députés ANC auront soutenu Jacob Zuma jusqu'au bout. Pour Lesiba Teffo, analyste politique à l'université de Pretoria, ce soutien indéfectible est lié au mode de scrutin :

« Pourquoi est-ce que des hommes et des femmes, sains d'esprit, députés du parti au pouvoir, qui est majoritaire au Parlement, ne se sentent pas l'obligation de soutenir la Constitution, de respecter l'Etat de droit, et à la place, votent tous comme des moutons, et bien souvent au détriment du pays ? Je pense que c'est parce qu'ils répondent à leur parti et non à ceux qui les ont élus.

Malheureusement, les gens de ce pays n'élisent pas directement leurs représentants au Parlement ; ils votent pour leur parti, qui va ensuite nommer ceux qui représenteront les électeurs au Parlement. Les élus veulent donc sécuriser leur nom sur une liste, leur poste. C'est ce qu'on appelle la politique de l'estomac, qui se fait au détriment de l'esprit de service du public. »

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