Cameroun: attaque meurtrière attribuée à Boko Haram dans l’Extrême-Nord

Un corps transporté par les secours après une précédente attaque-suicide à Maroua, dans le nord du Cameroun, le 23 juillet 2015. (Image d'archive)
© AFP PHOTO/STRINGER

Une nouvelle attaque meurtrière a eu lieu dans l'Extrême-Nord du Cameroun dans la nuit de mercredi à jeudi. Le bilan humain est lourd : des sources militaires parlent de 12 morts, dont le kamikaze, et de quatre blessés dans la localité de Djakana, un village frontalier avec le Nigeria. Cet attentat-suicide n'a pas été revendiqué, mais cette attaque porte la marque de Boko Haram.

Selon des sources sécuritaires, le kamikaze s'est incrusté au milieu d'un rassemblement de villageois, qui attendaient l'heure de la prière, avant d'actionner sa charge. Les victimes ont été évacuées dans une structure hospitalière de Mora.

Cela faisait plus de deux mois que ce type d'attaque ne s'était pas produite dans la zone. Et ce pour plusieurs raisons : le renforcement des contrôles d'identité, la mise en alerte des comités de vigilances dans les villages, qui munis de simples lances et de flèches arrivent à interpeller eux-mêmes les suspects et paient parfois de leur vie pour en sauver d’autres.

Et surtout grâce à des opérations militaires de grande envergure. « Cet attentat est pour nous une piqûre de rappel », reconnaît une bonne source sécuritaire à Yaoundé. Les soldats camerounais ont procédé depuis février à huit opérations côté Nigéria qui ont notamment permis de démanteler des laboratoires de fabrication d'engins explosifs improvisés au cours d'opérations baptisées « Arrow ». Elles ont permis de nettoyer la bande frontalière jusqu’à une vingtaine de kilomètres à l’intérieur du pays.

« Mais cette attaque prouve que les éléments de Boko Haram ont encore du matériel », indique une source militaire. « Les laboratoires ont pu être reconstitués », explique une bonne source.

486 morts en un an

Les services de renseignements camerounais ont pu reconstituer l’itinéraire emprunté par le passé par certains kamikazes. Acheminés à partir de la forêt de Sambisa, fief de Boko Haram au Nigeria, les kamikazes passent parfois entre les mains de plusieurs intermédiaires avant de passer à l’acte au Cameroun. « Les Nigérians doivent rester vigilants et surveiller les zones libérées », réclame cette source.  

Najat Rochdi, qui représente le Bureau des affaires humanitaires au Cameroun, a alerté récemment sur une « crise silencieuse » qui se joue dans cette partie du pays où, selon elle, les attaques et la présence de Boko Haram dans les champs rendent la situation compliquée pour les populations.

Les attentats suicides au Cameroun ont fait 486 morts au cours des douze derniers mois, selon un décompte d’Amnesty international, avec en pic au deuxième semestre de 2015.

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