Le Conseil des droits de l’homme appelle à juger les dirigeants érythréens

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève a notamment encouragé l'Union africaine à mettre en place un tribunal spécial pour enquêter sur les dirigeants érythréens.
© Reuters / Valentin Flauraud

A la clôture de sa 32e session, le Conseil des droits de l'homme a adopté vendredi 1er juillet une résolution ferme contre l’Erythrée, accusée de crimes contre l'humanité contre sa propre population par une commission d'enquête de l'ONU. Comme à leur habitude, la Russie, la Chine, Cuba, la Bolivie et l'Equateur ont émis des réserves, hostiles par principe à ce qu'ils appellent la « politisation des droits de l'homme ». Mais ils n'ont pas bloqué l'adoption du texte. La résolution suit les recommandations des enquêteurs, qui exprimaient le vœu de voir jugés les responsables érythréens.

Deux semaines d'âpres négociations et, à la fin, un coup de tonnerre pour l'Erythrée. Jusqu'à la dernière minute, le pays de la Corne de l’Afrique a tenté de faire passer son propre texte, qui l'exonérait de presque tout. Mais c'est finalement une version remaniée de la résolution de Djibouti et de la Somalie qui a été adoptée par consensus, donc sans vote.

Dans la résolution, le Conseil des droits de l'homme demande la saisine des « organes pertinents » des Nations unies. Sous-entendu, le Conseil de sécurité, seul habilité à saisir le procureur de la Cour pénale internationale. Mais la décision appartient désormais à l'Assemblée générale de l'ONU, qui devra voter sur le sujet.

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Plus important, la résolution « encourage » l'Union africaine à mettre en place un tribunal spécial pour enquêter et « conduire devant la justice » les auteurs de crimes, c'est-à-dire les dirigeants érythréens.

Dans les couloirs du Conseil, à Genève, on dit que l'exemple du procès de l'ancien président tchadien Hissène Habré a inspiré cette demande. Il est vrai qu'avec les Etats-Unis, la Russie et la Chine et leur droit de véto, le Conseil de sécurité est majoritairement hostile à la Cour pénale internationale. Et qu'il y a donc des chances pour que cette voie soit une impasse, d'où le recours privilégié à l'organisation continentale.